Rémi Checchetto - Nos histoires

Rémi Checchetto
Rémi Checchetto
Rémi Checchetto, écrivain, est allé à la rencontre des résidents de la Seilleraye, de leurs proches et de l’ensemble des personnels de l’établissement de manière à écrire leurs portraits. Il a proposé une forme d’écriture alliant créativité, émotion et convivialité.
Conçu avec attention et douce sensibilité comme un « libre service » ou « livre service », l’auteur a proposé des portraits individuels ou en duo.
Il y a dans ce projet le désir de permettre à ce qui semble être des « vies minuscules » (titre d’un livre de Pierre Michon) d’être considéré comme des « vies majuscules » en les estimant et en les faisant entrer en littérature.
Outre que cela laissera trace pour chacun, cela formera une manière de trombinoscope des résidents de La Seilleraye qui permettra une nouvelle perception de tout un chacun.
Au final cela donne à lire ce qui ne s’entend pas d’ordinaire, cela donne à entendre un peu plus que les apparences ne le laissent supposer.
En concertation avec l’équipe soignante, ces portraits poétiques feront l’objet de publication par affichage dans l’établissement et seront individuellement offerts à toutes les personnes impliquées dans l'action.
Ces portraits ont été écrits en direct au cours de conversations avec l’écrivain. Le portrait est offert dans la foulée.

Remi Checchetto

Remi Checchetto
Remi Checchetto
On ne connaît pas un Rémi Checchetto mais plusieurs. Si l’on se réfère à la musique joliment italienne de son patronyme on pourrait dire qu’il y a des Checchetti. On en connaît un qui écrit pour le théâtre de longs monologues, et dont on pense qu’il ne fait pas la différence, qu’il ne veut pas la faire, entre l’écriture de théâtre et l’écriture de la poésie. Les deux s’inscrivent dans un travail d’intériorisation, de poétisation du quotidien et des êtres auxquels il se confronte. (Alain Girard-Daudon)Patiemment, il couche les mots sur le papier et ceux-ci sont mis debout par des metteurs en scène ( Fabien Bergés, Alexia Vidal, Patrick Séreaudie, Bela Czupon, Jean-Marc Bourg, Alexandra Tobelain, Henri Uzureau…) des musiciens (Titi Robin, Louis Sclavis, Bernard Lubat, Chris Martineau, André-Marc Delcourt, Hélène Breschand…), des marionnettistes (François Lazzaro, Gilbert Meyer, Guillaume Lecamus…), des plasticiens (Denis Tricot, Sylvie Durbec…), des artistes de rue (Princesse Peluches…), des photographes (Vincent Monthiers, Raphaël Helle, Nathalie Geoffray de Calbiac...) des éditeurs (Tarabuste, L'Attente, Script, Espaces 34, Le dernier Télégramme...)…Il fatigue volontiers ses valises et aime à travailler in situ. Il sillonne la France afin d’écrire des portraits d’habitants (photopoèmes) et de lieux, villes et campagnes et mers (littératerre). Il anime divers projets culturels.Il donne régulièrement des lectures performances de ses œuvres et a publié quelques 28 livres.Derniers livres parus : Nous ne sommes pas des héros, éditions de l’Attente, Sépia, éditions La Dragonne, Littéraville, éditions Scrip, Allez allez allez, éditions Parc Régional de la Narbonnaise, Zou,éditions Espaces 34, Larsen, éditions Tarabuste, Pas parler parole, éditions L’âne qui butine, Apéro, éditions de L’attente…

Portraits


Annick et Jeanne - Ce que c'est que le calme

Ici on les voit vivre en permanence l’une avec l’autre, assises l’une et l’autre dans leur chambre commune ou assises dans l’entrée ou allant petits pas. Deux dames toutes sages dans le calme et mettant du calme autour d’elles deux. Et le calme est simple, le calme n’est pas une chose que l’on doit apprendre ni conquérir, juste le calme est là. Et elles ont un petit mot très gentil pour tout le monde, des regards sur tout ce qui se passe, sur chacun qui passe. Et parfois Annick dit quelques mots à la place de Jeanne et d’autres fois Jeanne aide Annick. Et c’est souvent le sourire qui vient et le rire qui est là bien souvent juste derrière. Parfois une inquiétude vient et combien c’est simple d’être rassurée par son amie. Et les mains d’Annick qui lissent régulièrement sa jupe et les doigts de sa main gauche qui tourne la bague de la main droite tandis que Jeanne à l’unisson de son amie lisse sa jupe, époussette quelques petites poussières. Et Annick a trois bagues très vieilles qui viennent de perpette et un bracelet qu’elle n’enlève jamais.
Et Jeanne est peut-être née à Nantes, a peut-être été élevée chez sa tata de Saint-Pazanne, elle était dans l’épicerie, sa maison n’était pas formidable, on n’était pas fière avec ça mais c’était bien. Et parfois Annick, au gré d’une conversation, pousse un petit bout d’une chanson fredonnée paroles et musique Ma cabane au Canada est blottie au fond des bois… elle attend le retour du printemps. Et maintenant un monsieur qui passe entre dans la chambre de ces dames qui l’accueillent gentiment. Et parfois arrive Mykie la petite chienne que tout le monde veut et que Jeanne a adoptée et qu’elle va promener en été ou bien qu’elle garde dans le panier dans le salon. Et puis c’est l’heure de se quitter et on se salue tout gentiment.