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maladie de parkinson : une étude montre l'efficacité du traitement chirurgical précoce

Publié le 19 février 2013 Mis à jour le 23 janvier 2014

Les conclusions de l’étude Earlystim, issue d’une collaboration entre la France et l’Allemagne et à laquelle une équipe du CHU de Nantes a participé, suggèrent d’opérer certains malades parkinsoniens à un stade plus précoce de la maladie.

Pr Philippe Damier et Dr Sylvie Raoul

Pr Philippe Damier et Dr Sylvie Raoul

L'équipe du Pr Philippe Damier (neurologie) et du Dr Sylvie Raoul (neurochirurgie) a participé à l'étude Earlystim en y incluant six patients. Les conclusions de l'étude, qui viennent d'être publiée, démontrent l'intérêt d'une intervention chirurgicale pour traiter précocément, dans certains cas, la maladie de Parkinson. Cette intervention effectuée maintenant en une seule journée et nécessitant dix jours d'hospitalisation sera dorénavant systématiquement proposée à Nantes aux patients correspondant aux critères (en savoir plus).

La maladie de Parkinson était jusqu'à présent traitée par la stimulation cérébrale profonde à un stade avancé de l'affection. Cette technique consiste à implanter dans une région spécifique du cerveau des électrodes stimulées par l'intermédiaire d'un pacemaker situé sous la peau au niveau de la clavicule. Ainsi certaines formes de la maladie sont traitées avec succès pendant plusieurs années. Jusqu'à présent, cette procédure était appliquée chez des patients très handicapés, avec des mouvements incontrôlés et souffrants de la maladie depuis plus de 12-15 ans.

Une première étude menée à Paris (Schüpbach et al, 2007) a montré que l'intervention neurochirurgicale pouvait être envisagée à un stade plus précoce de la maladie (entre quatre et dix ans après le début de l'affection). Les résultats de l'étude Earlystim, publiés en février 2013 dans The New England Journal of Medecine (Schüpbach et al, 2013, sous presse), effectuée sur 251 patients souffrant de la maladie de Parkinson depuis en moyenne sept ans, confirment ce résultat préliminaire. Cette cohorte de malades était divisée en deux groupes, l'un traité par stimulation cérébrale profonde et l'autre par traitement médicamenteux. Après deux ans de suivi, les résultats montrent que les patients opérés ont non seulement une amélioration significative de leur qualité de vie (plus de 26%) par rapport aux patients traités médicalement mais aussi de leurs capacités motrices dont la mobilité au cours de leurs activités journalières.

D'autres aspects comme l'humeur, les activités de la vie quotidienne et l'adaptation psychosociale sont meilleurs chez les patients stimulés. Cependant,  on n'a pas noté de différence pour les fonctions intellectuelles globales dans les deux traitements. Le nombre d'effets indésirables graves était similaire dans les deux groupes, et aucun dommage permanent lié à l'opération n'a été observé. Toutefois, il est important de souligner que, de façon évidente, les patients opérés plus tôt dans la progression de la maladie supportent beaucoup mieux le choc opératoire.

Ce travail, coordonné en France par le Pr Yves Agid (institut du cerveau et de la moelle épinière à Paris) et en Allemagne par le Pr Günther Deuschl (département de neurologie à Kiel), associe 8 centres de recherche français dont l'Inserm et 9 centres allemands. Il met en évidence que la stimulation cérébrale profonde à un stade plus précoce de la maladie est une thérapeutique plus efficace que la thérapie médicamenteuse, à deux conditions toutefois : que des critères d'inclusion stricts soient appliqués et que la prise en charge des malades opérés soit faite par une équipe spécialisée.

À propos de l'ICM

Créé à Paris à l'initiative des Professeurs Gérard Saillant, Yves Agid et Olivier Lyon-Caen, l'institut du cerveau et de la moelle épinière est la concrétisation d'un nouveau modèle en matière de recherche en neurosciences.

Installé à l'hôpital Pitié-Salpêtrière, cet institut international de recherche de 22 000 m2, unique en son genre est au cœur de la démarche de soins.

Pouvoirs publics, entreprises et donateurs se donnent la main pour permettre de réunir les malades, les médecins et les chercheurs parmi les plus éminents, venus du monde entier pour travailler ensemble et trouver de nouveaux traitements pour les maladies du système nerveux.

 

À propos de Medtronic

Medtronic, Inc., qui a son siège à Minneapolis, est un leader mondial dans le domaine des technologies médicales - contribuant à soulager la douleur, à rétablir la santé et à prolonger la vie de millions de personnes dans le monde entier. Medtronic a fait évoluer et occupe une position de leader dans le secteur de la neuromodulation, qui consiste en l'application ciblée et régulée d'impulsions électriques et de produits pharmaceutiques à certains sites spécifiques du système nerveux. La division neuromodulation de la société propose des systèmes de neurostimulation et des systèmes implantables de délivrance ciblée de médicaments, pour la prise en charge de la douleur chronique, des troubles du mouvement, de la spasticité et des troubles urologiques et gastro-intestinaux.