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Arrêt du tabac - Les réponses d’un pneumologue et tabacologue du CHU à vos questions
Selon les données de Santé publique France, le tabac est responsable d’environ 75 000 décès chaque année. Si le nombre de fumeurs diminue progressivement, l’arrêt du tabac demeure un parcours semé d’embûches pour de nombreuses personnes. Beaucoup parviennent à se libérer de leur dépendance, tandis que d’autres connaissent des rechutes malgré une réelle volonté d’arrêter définitivement.
À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, célébrée le 31 mai, le docteur Arnaud Cavaillès, pneumologue et tabacologue au CHU de Nantes (Loire-Atlantique), a répondu en direct aux questions des internautes le 1er juin 2026. Spécialiste de l’accompagnement au sevrage tabagique, il partage ci-dessous dix réponses éclairantes pour mieux comprendre les enjeux de l’arrêt du tabac et les solutions disponibles.
Questions/réponses issues d'un article de Ouest France (juin 2026).Sommes-nous vraiment fumeurs à vie ?
Merci pour votre question, qui revient très souvent chez les personnes ayant arrêté de fumer. Rassurez-vous, on ne reste pas « fumeur à vie » :on devient bien ex-fumeur. Avec le temps, l'arrêt de vient de plus en plus naturel et le tabac prend de moins en moins de place dans le quotidien. Il peut ce pendant arriver que quelques en vies réapparaissent ponctuelle ment, notamment lors de périodes plus à risque comme le stress, une émotion forte ou certains contextes associés à la cigarette. Mais ces en vies sont généralement plus faciles à raisonner et à laisser passer. En revanche, contrairement à une personne n'ayant jamais fumé, le tabac a laissé une empreinte dans la mémoire. C'est pourquoi re prendre « une seule cigarette » peut parfois réactiver progressivement une consommation régulière. En résumé, après un long arrêt, le sevrage n'est habituellement plus un effort au quotidien : il s'agit simple ment de rester vigilant dans certaines situations.
J’ai arrêté trois fois à peu près trois mois, mais au moindre souci, je reprends. Je souhaite arrêter définitivement ? Quelles solutions ?
Rassurez-vous, vos tentatives précédentes ne sont pas des échecs : elles font partie du processus et vous rapprochent à chaque fois un peu plus d'un arrêt définitif. Les reprises en cas de stress sont fréquentes et montrent surtout que cette situation est un déclencheur important pour vous. Pour un arrêt durable, il peut être utile de renforcer le traite ment (substituts nicotiniques ou médicaments) ou en allonger la durée, anticiper les situations à risque et de travailler les automatismes liés aux émotions. Un accompagnement par un tabacologue ou un addictologue est particulièrement recommandé dans votre cas pour vous aider à prévenir les rechutes.
J'ai arrêté la cigarette en passant à la vapoteuse. Comment arrêter désormais d'avoir recours à cette dernière ?
Vous n'êtes pas la seule à nous poser cette question. La cigarette électronique peut être une aide efficace pour arrêter le tabac, en particulier en apportant de la nicotine de façon plus sûre pour la santé. Cependant, elle peut aussi entre tenir une dépendance à la nicotine, ce qui explique qu'il soit parfois difficile de s'en détacher. L'arrêt de la vapoteuse repose globalement sur les mêmes principes que l'arrêt du tabac. Un relais par substituts nicotiniques (patchs notamment) peut être proposé afin de stabiliser l'apport en nicotine et d'éviter les symptômes de manque. Il est alors possible d'envisager un sevrage progressif de la nicotine, par exemple en diminuant progressivement le dosage des e-liquides de façon plus sereine. Il est également important de travailler sur les habitudes liées à la vapoteuse (gestes, moments de consommation, automatismes), qui jouent un rôle dans le maintien de l'usage. Pour la vapoteuse, vous pouvez aussi vous faire aider par un tabacologue, un addictologue ou bien Tabac info service.
Peut-on prendre des substituts de sevrage à base de nicotine à long terme sans danger ?
Oui, il est tout à fait possible d'utiliser des substituts nicotiniques au long cours sans danger. Ils apportent de la nicotine sans les substances toxiques de la cigarette (goudrons, monoxyde de carbone), ce qui les rend beaucoup plus sûrs. On observe d'ailleurs qu'environ 10 % des personnes sevrées utilisent encore des substituts après un an, sans que ce la pose de problème de santé. L'objectif reste bien sûr de diminuer progressivement, mais il est préférable de continuer un substitut plutôt que de reprendre le tabac.
Est-il préférable d'arrêter d'un seul coup ou progressivement ? Et conseillez-vous de fumer de moins en moins jusqu'à l'arrêt total, ou de trouver un moyen de substitution comme la cigarette électronique ?
il n'y a pas de règle unique : arrêter d'un coup ou progressivement dépend de chacun. En cas de diminution progressive, il faut rester vigilant : on a souvent tendance à compenser en fumant plus intensément les cigarettes restantes, ce qui limite l'efficacité. Il est préférable d'utiliser des substituts nicotiniques, qui apportent de la nicotine de façon sécurisée, sans les produits toxiques du tabac, et permettent de diminuer plus sereinement sans manque. La cigarette électronique peut aussi être une option, à condition qu'elle serve à remplacer le tabac et à aller vers un arrêt complet en évitant la double consommation sur une trop longue période.
J’ai 46 ans et je souhaite arrêter de fumer, mais ma principale crainte est la prise de poids. Je suis également allergique aux patchs de nicotine, ce qui limite les solutions qui me sont proposées. Que pensez-vous de la cigarette électronique dans le cadre d’un sevrage tabagique ? Est-elle efficace pour arrêter durablement de fumer et permet-elle de limiter la prise de poids ? Quelles alternatives existent pour les personnes qui ne peuvent pas utiliser les patchs ?
La crainte de la prise de poids est fréquente et légitime. Elle est liée à la fois à l’arrêt de la nicotine (qui coupe un peu l’appétit) et au remplacement de la cigarette par des prises alimentaires. Elle reste en général modérée et peut être limitée avec un accompagnement adapté. La cigarette électronique peut être une aide, elle est efficace pour arrêter de fumer chez certains. Elle peut limiter la prise de poids, en maintenant un apport nicotinique, elle est beaucoup moins nocive que le tabac. Si vous êtes allergique aux patchs, il faut savoir que l’allergie est souvent liée à la colle et non à la nicotine. Mais si les patchs ne sont pas possibles, il existe d’autres options comme les substituts nicotiniques oraux (gommes, pastilles, comprimés, inhalateur), les traitements médicamenteux sur prescription (varénicline, bupropion), et l’accompagnement comportemental pour gérer les envies et la prise de poids. Un accompagnement peut vous aider à trouver la solution la plus adaptée à votre situation.
C’est une question très importante. Les patchs sont en réalité très efficaces, mais leur « échec » est souvent lié à une mauvaise utilisation. La principale raison est un sous-dosage : la quantité de nicotine apportée n’est pas suffisante pour compenser le manque. Il faut augmenter la dose, en utilisant des patchs plus dosés, et ne pas hésiter à utiliser plusieurs patchs, jusqu’à ressentir un réel confort. Associer un patch à des substituts nicotiniques oraux (gommes, pastilles…) augmente aussi nettement l’efficacité, en permettant de gérer les envies ponctuelles. Enfin, porter un patch n’empêche pas de fumer : il peut être utilisé dans une démarche de réduction progressive, avant un arrêt complet.Pourquoi les patchs ne marchent pas sur certains fumeurs ?
Je veux arrêter mais je n’y arrive pas. Pourquoi le Champix n’est pas prescrit ?
Le Champix (varénicline) n’était effectivement plus disponible ces dernières années, mais il est à nouveau accessible depuis fin 2025. C’est un traitement efficace pour arrêter de fumer, souvent proposé en deuxième intention, lorsque les substituts nicotiniques ne suffisent pas ou sont contre-indiqués. Il existe toutefois certaines contre-indications, et il doit être prescrit par un médecin. Ne connaissant pas votre situation médicale, le mieux est d’en parler avec votre médecin traitant ou avec un professionnel spécialisé (tabacologue, addictologue), qui pourra vous proposer la solution la plus adaptée.
Est-il préférable d’arrêter d’un seul coup, ou progressivement ? Et conseillez-vous de fumer de moins en moins de cigarettes jusqu’à l’arrêt total, ou de trouver un moyen de substitution comme la cigarette électronique ?
Il n’y a pas de règle unique : arrêter d’un coup ou progressivement dépend de chacun. En cas de diminution progressive, il faut rester vigilant : on a souvent tendance à compenser en fumant plus intensément les cigarettes restantes, ce qui limite l’efficacité. Il est préférable d’utiliser des substituts nicotiniques, qui apportent de la nicotine de façon sécurisée, sans les produits toxiques du tabac, et permettent de diminuer plus sereinement sans manque. La cigarette électronique peut aussi être une option, à condition qu’elle serve à remplacer le tabac et à aller vers un arrêt complet en évitant la double consommation sur une trop longue période.
Peut-on prendre des substituts de sevrage à base de nicotine à long terme sans danger ?
Oui, il est tout à fait possible d’utiliser des substituts nicotiniques au long cours sans danger. Ils apportent de la nicotine sans les substances toxiques de la cigarette (goudrons, monoxyde de carbone), ce qui les rend beaucoup plus sûrs. On observe d’ailleurs qu’environ 10 % des personnes sevrées utilisent encore des substituts après un an, sans que cela pose de problème de santé. L’objectif reste bien sûr de diminuer progressivement, mais il est préférable de continuer un substitut plutôt que de reprendre le tabac.