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Fibromyalgie - Les réponses d’un spécialiste de la douleur à vos questions
Comment reconnaître la fibromyalgie ? Peut-elle également toucher les enfants ? Existe-t-il des traitements efficaces, voire une guérison, et quelles en sont les causes ?
Autant de sujets abordés par le Dr François Léger, spécialiste de la douleur au CHU de Nantes, suite aux questions posées par les lecteurs de Ouest-France, le mardi 24 mars 2026. L'article complet est à retrouver ici.
Le replay
Les questions/réponses
Quels sont les symptômes de la fibromyalgie ?
Le syndrome de la fibromyalgie est caractérisé principalement par une douleur chronique, une fatigue et des troubles du sommeil depuis plus de trois mois. Chez les fibromyalgiques, il y a une hypersensibilité à la douleur. On peut aussi avoir d’autres troubles associés comme les troubles cognitifs, des symptômes digestifs. C’est une maladie qui touche davantage les femmes mais aussi les hommes et parfois les enfants même s’il faut rester prudent avec ces derniers sur le diagnostic.
La fibromyalgie peut-elle être associée à d’autres maladies ?
Cette question, vous avez été nombreux à nous la poser. Oui chers lectrices et lecteurs, plusieurs types de syndromes sont associés. On axe la prise charge le plus globalement possible sur la fibromyalgie mais parfois il y a aussi une prise en charge plus spécifique en fonction du syndrome associé. On peut traiter les deux, et l’un aura un impact sur l’autre. Le trouble du spectre autistique par exemple peut avoir une vulnérabilité en faveur de la fibromyalgie. Les symptômes se confondent d’ailleurs parfois. Avec la spondylarthrite ankylosante aussi il peut y avoir des liens, tout comme la maladie des jambes sans repos. Entre 30 et 70 % des patients atteints par la fibromyalgie peuvent également avoir un syndrome de l’intestin irritable. Les symptômes ? Des ballonnements, des troubles du transit, diarrhée ou constipation, des douleurs abdominales.
Quelles sont les causes de la fibromyalgie ?
Elle n’est pas héréditaire. Mais il peut y avoir des prédispositions génétiques au travers de terrains de fragilité qui peuvent se transmettre et se retrouver dans les familles. Surtout, c’est une pathologie multifactorielle. Plusieurs choses vont faire que la pathologie apparaît. Cela peut être des pathologies psychiatriques (traumatisme, choc émotionnel ou psychologique), inflammatoires. Il y a aussi peut-être des facteurs hormonaux, comme la ménopause. On retrouve 80 % de femmes chez les personnes atteintes de fibromyalgie donc on a sûrement des éléments de l’ordre de l’endocrinologie. Des facteurs immunitaires, infectieux. Ce qui est sûr, c’est que tous ces éléments vont créer un désordre, un déséquilibre du système nerveux. Il y aurait un terrain et des facteurs qui pourraient précipiter la fibromyalgie.
Que faire quand on ne se sent pas entendu par son docteur ?
Peut-être insister. On a le droit de dire à son généraliste, qui coordonne les soins, qu’on aimerait aller plus loin dans les examens, qu’on aimerait voir un spécialiste. Et en tout dernier recours si vraiment notre médecin ne veut rien savoir on peut éventuellement changer de médecin. En général, rien ne sert d’aller jusque-là. On peut aussi écrire, lister ses symptômes, et ses questions, avant de voir son médecin. Cela peut fluidifier le rendez-vous et mettre de l’ordre dans les idées.
Peut-on guérir de la fibromyalgie ?
Oui, mais ce n’est pas ce qu’on vise. Ce qu’on vise, c’est vivre mieux avec. Avoir une douleur qui n’est plus invalidante, c’est possible. Et parfois, le patient parvient à en guérir. Sans qu’on ne sache encore pourquoi.
Existe-t-il un traitement ?
Un traitement, non. Plusieurs, oui. Il y a des recommandations qui sont données par la Haute autorité de santé (Has) en 2025, et des éléments de preuves solides à la suite de recherches, qui permettent de définir une sorte de hiérarchie des traitements. On n’utilise donc pas tout d’un coup et on y va petit à petit dans le dosage. On peut dire que les traitements principaux sont non médicamenteux : le mouvement, l’activité physique adaptée, de la kinésithérapie, de la thérapie comportementale. En deuxième ligne, on peut avoir des antidépresseurs et des antiépileptiques ; ou des antalgiques. Mais on fera attention dans ce cas à des dépendances avec certains traitements qui ne peuvent pas être utilisés sur le long terme. La morphine, elle, est vraiment à proscrire. Elle soulage sur le court terme, mais au long terme donne l’effet inverse et aggrave les symptômes. Dans les traitements non médicamenteux on retrouve aussi la neurostimulation, avec le tens, qui peut être intéressant.