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CP - Nodules thyroïdiens : le CHU de Nantes développe une nouvelle alternative mini-invasive à la chirurgie
le 15 octobre 2026
Nodules thyroïdiens : le CHU de Nantes développe une nouvelle alternative mini-invasive à la chirurgie
Le CHU de Nantes développe une nouvelle filière de prise en charge des nodules thyroïdiens bénins par thermoablation par radiofréquence. Réalisée sous anesthésie locale et sans chirurgie classique, cette technique permet de réduire progressivement le volume de certains nodules responsables d’une gêne pour les patients, tout en préservant au maximum la thyroïde et, son fonctionnement. Autre avantage pour les patients : cette technique ne laisse aucune cicatrice visible au niveau du cou, contrairement à une intervention chirurgicale classique. Cette prise en charge repose sur une collaboration étroite entre endocrinologues, chirurgiens et radiologues interventionnels.
Une alternative pour certains nodules bénins mais gênants
Les nodules de la thyroïde sont particulièrement fréquents : ils sont retrouvés chez 20 à 50 % des patients qui ont une échographie de la thyroïde. Dans la grande majorité des cas, ils ne nécessitent pas de traitement particulier et font l’objet d’une simple surveillance.
Certains nodules, bien que bénins, peuvent devenir volumineux et provoquer une gêne importante : difficultés à déglutir, toux, gêne respiratoire, fausses routes, sensation de compression au niveau du cou ou encore gêne esthétique.
Pour certains de ces patients, le CHU de Nantes propose désormais une alternative mini-invasive à la chirurgie : la thermoablation par radiofréquence.
Cette technique s’applique à des macronodules dont le caractère bénin a été préalablement confirmé par cytoponction. L'indication est systématiquement discutée par les différents spécialistes (endocrinologues, chirurgiens et radiologues interventionnels) impliqués dans la prise en charge.
Traiter le nodule tout en préservant la thyroïde via une intervention réalisée en ambulatoire
Le principe de la radiofréquence est relativement simple : sous contrôle échographique, le radiologue interventionnel introduit une aiguille très fine au cœur du nodule. Celle-ci délivre une énergie qui chauffe de manière très ciblée les tissus à traiter. Les cellules du nodule ainsi traitées sont progressivement détruites. Dans les mois qui suivent l'intervention, le volume du nodule diminue progressivement, avec pour objectif de faire disparaitre la gêne ressentie par le patient.
Contrairement à une intervention chirurgicale classique, le traitement est réalisé sous anesthésie locale, par voie percutanée. Il permet surtout de cibler le nodule tout en préservant le tissu thyroïdien sain restant, la fonction de la thyroïde et ne laisse pas de cicatrice au niveau du cou après l’opération. L'intervention est réalisée au CHU de Nantes en salle de radiologie interventionnelle et sous guidage échographique permanent.
Le patient reste ensuite environ deux heures sous surveillance avant de pouvoir regagner son domicile. La prise en charge s'effectue ainsi dans le cadre d'une hospitalisation de jour.
Une filière réunissant plusieurs expertises du CHU de Nantes
Au-delà du geste technique, le développement de la thermoablation thyroïdienne repose sur la mise en place au CHU de Nantes d'une filière dédiée et pluridisciplinaire, associant endocrinologues, chirurgiens et radiologues interventionnels.Chaque patient bénéficie ainsi d'un parcours encadré. Son dossier, adressé par son médecin généraliste, son endocrinologue ou son chirurgien, est systématiquement présenté en réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) afin de confirmer que la thermoablation constitue une option adaptée. Le patient rencontre ensuite le radiologue interventionnel avant la programmation du geste.
Un suivi dans la durée
La réduction du nodule n'est pas immédiate : elle intervient progressivement après le traitement. C'est pourquoi la nouvelle filière mise en place par le CHU prévoit également un suivi dans le temps.Des contrôles cliniques et échographiques sont programmés à 6 mois, un an puis deux ans, afin d'évaluer la diminution du volume du nodule et l'évolution des symptômes du patient.
Avec le développement de cette nouvelle activité, le CHU de Nantes complète ainsi son offre de prise en charge des pathologies thyroïdiennes et renforce les collaborations entre spécialités autour de techniques mini-invasives permettant, lorsqu'elles sont indiquées, de proposer un traitement davantage ciblé et moins invasif.
« Cette technique nous permet d'élargir les possibilités proposées aux patients. L'objectif n'est pas de remplacer la chirurgie, qui reste indispensable dans de nombreuses situations, mais de disposer d'une option supplémentaire pour des patients bien sélectionnés, dont le nodule est bénin mais entraîne une gêne réelle au quotidien. »
Dr Delphine Drui, endocrinologue au CHU de Nantes
La filière a été mise en place fin avril 2025 avec un premier patient traité en mai. Depuis, 35 patients ont été traités par thermoablation thyroïdienne au CHU de Nantes pour un nodule thyroïdien bénin symptomatique. Actuellement, un à deux patients sont ainsi traités chaque semaine.
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