CP - Myélome multiple : Une étude prometteuse ouvre la voie à une alternative à la chimiothérapie et à l’autogreffe au CHU de Nantes

Publié le 25 septembre 2026 – Mis à jour le 25 septembre 2026
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le 25 septembre 2026

Myélome multiple : Une étude prometteuse ouvre la voie à une alternative à la chimiothérapie et à l’autogreffe au CHU de Nantes

Le CHU de Nantes, promoteur de l'étude, annonce les premiers résultats intermédiaires très encourageants d’un essai clinique de phase 2 évaluant l’efficacité d’une nouvelle stratégie thérapeutique contre le myélome multiple. Menée en collaboration avec 20 centres français, cette étude vise à vérifier si un traitement par anticorps bispécifiques peut remplacer le traitement lourd classique (chimiothérapie + autogreffe) chez les patients nouvellement diagnostiqués. Les résultats de cette étude ont été présentés le vendredi 25 septembre au 23e congrès annuel de l'International Myeloma Society (IMS).
 

Une réponse rapide sans chimiothérapie ni autogreffe

L’étude IFM-2022 vise à montrer si le traitement classique contre le myélome multiple (chimiothérapie et autogreffe) peut être remplacé par un traitement avec anticorps bispécifiques. Coordonnée par le Pr Cyrille Touzeau (investigateur principal), l'étude a inclus 103 patients âgés de 49 à 62 ans (âge médian : 58 ans) recrutés entre juin 2024 et mai 2025. La stratégie testée propose de remplacer le traitement classique par un schéma de deux ans reposant sur des anticorps bispécifiques (des molécules innovantes capables de guider le système immunitaire pour détruire directement les cellules cancéreuses) selon le statut de maladie résiduelle mesurable (deux cohortes de patients : risque standard ou haut risque). L'analyse intermédiaire révèle des résultats encourageants :

  • Un traitement initial efficace : après un premier traitement d’induction classique de 6 cycles, tous les patients ont répondu au traitement et 56 d'entre eux ont obtenu un seuil de maladie négatif.
  • Une efficacité remarquable sur la maladie résiduelle : les 46 patients présentant encore des traces de la maladie à l'issue de l'induction ont reçu une combinaison d'anticorps bispécifiques (Teclistamab et Talquetamab). Après seulement 3 cycles de cette association, 100 % des patients dont les données ont pu être analysées (43 sur 46) sont parvenus à un niveau de maladie résiduelle indétectable (aucune cellule cancéreuse détectée parmi 100 000 cellules de la moelle osseuse).

Une tolérance conforme aux attentes

Ces résultats préliminaires (analyse au bout de 3 cycles de traitement par bispécifiques, 26 cycles sont prévus au total) ne révèlent pas de nouveau risque particulier lié à l’utilisation de ces traitements. Les effets indésirables relevés sont ceux observés habituellement (syndrome de relargage des cytokines, dysgueusie, rash cutanés, infections…). 

« Avec l’essai IFM-2022, nous évaluons le potentiel des associations d'anticorps bispécifiques — Teclistamab et Talquetamab — pour éliminer la maladie résiduelle minimale sans recourir à l'autogreffe dès le diagnostic initial. Obtenir une réponse aussi rapide et profonde, avec un seuil de maladie résiduelle négatif chez l'ensemble des patients analysables , valide la pertinence scientifique de cette approche immunologique. Le CHU de Nantes est fier de coordonner, avec 20 centres français, cette étude novatrice qui réaffirme le rôle moteur de la recherche clinique académique pour faire évoluer les standards internationaux en hématologie. »

Pr Cyrille Touzeau, hématologue et responsable du centre d’investigation clinique d’hémato-cancérologie du CHU de Nantes

Les suivis se poursuivent dans les 20 centres français participants afin d’évaluer le maintien de ces résultats sur le long terme.

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