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CP - Médicaments contre l'acidité gastrique : les résultats d’une étude publiée par des chercheurs du CHU de Nantes et du Département de médecine générale de Nantes Université démontrent l'efficacité d'une méthode simple pour réduire les traitements
le 7 octobre 2026
Médicaments contre l'acidité gastrique : les résultats d’une étude publiée par des chercheurs du CHU de Nantes et du Département de médecine générale de Nantes Université démontrent l'efficacité d'une méthode simple pour réduire les traitements, sans risque pour le patient
Publiée dans la prestigieuse revue médicale JAMA Internal Medicine, une étude à grande échelle menée par les équipes de recherche nantaise révèle qu'une simple démarche d'information conjointe auprès des patients et de leurs médecins généralistes permet de multiplier par deux le taux de diminution de consommation inutile de "protecteurs gastriques", en toute sécurité.
Très souvent prescrits contre les reflux gastriques et les brûlures d’estomac, les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP), plus communément appelés, « protecteurs gastriques » ou « anti-acides » sont parmi les médicaments les plus consommés au monde. S'ils sont particulièrement efficaces, ils sont néanmoins souvent poursuivis pendant des années par les patients, sans nécessité médicale avérée.
Les chercheurs du CHU de Nantes et de Nantes Université ont évalué une méthode inédite pour encourager la réduction ou l'arrêt des traitements devenus superflus (déprescription), sans altérer la qualité de vie des patients.
Une information croisée : la clé du succès
L'étude clinique DeprescrIPP1, qui a suivi plus de 34 000 patients auprès de 1 500 médecins généralistes, repose sur une approche combinée :
• Côté patient : l’envoi d'une brochure pédagogique expliquant le juste usage des anti-acides et les bénéfices à réévaluer son traitement.
• Côté médecin traitant : l'envoi d'un outil d'aide à la décision proposant des critères clairs pour réduire progressivement les doses ou interrompre le traitement en toute sécurité.
« Je suis très heureux d’avoir accompagné cette étude qui s’inscrit dans une démarche concrète et innovante de sensibilisation des professionnels et des patients aux enjeux de la prescription et de la réévaluation des traitements. C’est grâce à la volonté commune des équipes du CHU de Nantes, de Nantes Université et de la CPAM44 d’améliorer le système des soins de premier recours, que nous avons pu mener à bien l’étude DeprescrIPP. »
Damien Fairier, coordonnateur de la cellule recherche en soins primaires du CHU de Nantes
Moins de médicaments, aucun retour des symptômes
Les résultats démontrent toute l'efficacité de cette stratégie conjointe :• Une diminution significative des doses : dans le groupe ayant bénéficié de cette information croisée (patient et médecin), le nombre de personnes ayant réussi à réduire d'au moins 50 % leur consommation de médicaments a doublé par rapport aux pratiques habituelles.
• Un confort préservé : l'arrêt ou la réduction des doses s'est fait sans réapparition majeure des reflux ou des brûlures d'estomac à un an.
Améliorer le juste soin et éviter le sur-traitement
Lorsqu'ils sont prescrits sur une trop longue période sans indication médicale, les anti-acides génèrent des coûts évitables et peuvent exposer à des effets indésirables inutiles.« Ces travaux confirment qu'il n'est pas toujours nécessaire de mettre en place des protocoles complexes pour réduire les surprescriptions d'IPP. En apportant une information claire et partagée, nous proposons au patient et à son médecin généraliste un cadre d'échange serein pour réévaluer le traitement. Cela permet d’améliorer les ordonnances tout en garantissant un niveau de protection et de confort clinique identique. »
Pr Jean-Pascal Fournier, médecin généraliste Département de médecine générale de Nantes Université et coordonnateur scientifique de l’étude DeprescrIPP
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