CP - Maladie d’Alzheimer : un simple prélèvement sanguin peut désormais contribuer au diagnostic au CHU de Nantes dans le cadre d’une consultation mémoire

Publié le 17 septembre 2026 – Mis à jour le 23 septembre 2026
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le 17 septembre 2026

Maladie d’Alzheimer : un simple prélèvement sanguin peut désormais contribuer au diagnostic au CHU de Nantes dans le cadre d’une consultation mémoire

À l’occasion de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer, le CHU de Nantes met en lumière une avancée majeure dans le diagnostic de la maladie : l’arrivée du dosage sanguin de la protéine p-Tau217. Plus simple et moins invasif qu’une ponction lombaire, ce nouvel outil peut permettre de confirmer ou d’écarter plus facilement l’hypothèse d’une maladie d’Alzheimer. Son utilisation doit toutefois répondre à des indications précises : il ne s’agit en aucun cas d’un test de dépistage destiné à la population générale.

 

Un diagnostic moins invasif pour les patients

Jusqu’à récemment, la confirmation biologique d’une maladie d’Alzheimer reposait principalement sur l’analyse de biomarqueurs dans le liquide cérébrospinal, prélevé à l’aide d’une ponction lombaire. Cette analyse permet notamment de mesurer différentes protéines impliquées dans la maladie, parmi lesquelles les protéines amyloïdes Aβ42 et Aβ40 et les protéines Tau. Les progrès de la recherche permettent aujourd’hui d’aller plus loin. Le dosage dans le sang de la protéine Tau phosphorylée 217, ou p-Tau217, a démontré une très bonne performance pour identifier les anomalies biologiques caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Ce dosage est disponible depuis le 1er septembre et est réalisé par le laboratoire de biochimie sous l’égide du Dr Bigot Corbel, fonction et service au CHU de Nantes. Cette prise de sang peut ainsi permettre, dans certaines situations, d’éviter une ponction lombaire et de rendre le parcours diagnostique plus simple et plus confortable pour les patients.

Une prise de sang, mais pas un test de dépistage

La simplicité du prélèvement ne doit cependant pas conduire à banaliser cet examen. Le dosage du p-Tau217 n’est pas destiné aux personnes ne présentant aucun symptôme ni à un dépistage systématique de la maladie d’Alzheimer. Il concerne des personnes de plus de 55 ans présentant des troubles de la mémoire ou d’autres difficultés cognitives et pour lesquelles l’évaluation médicale fait suspecter une maladie d’Alzheimer. Avant sa prescription, le patient doit donc bénéficier d’une évaluation complète : entretien médical, examen clinique, tests cognitifs et de mémoire, évaluation de l’autonomie, recherche d’autres maladies susceptibles d’expliquer les symptômes, etc. Utilisé en dehors de ce contexte, le test risquerait de conduire à des interprétations erronées et à une part importante de faux positifs (de l’ordre de 50 %). C’est-à-dire que l’on pourrait conclure dans un cas sur deux à une maladie d’Alzheimer alors qu’il n’y en a pas. 

Un résultat qui doit toujours être interprété par des spécialistes

Un résultat biologique ne permet pas, à lui seul, de poser un diagnostic de maladie d’Alzheimer. Comme pour les biomarqueurs analysés après une ponction lombaire, le dosage sanguin du p-Tau217 doit être prescrit et interprété par une équipe spécialisée, en tenant compte de l’ensemble de la situation clinique du patient. Au CHU de Nantes, cette démarche s’inscrit dans le cadre des consultations mémoire proposées par le CMRR (Centre mémoire, ressources et recherche) qui mobilise une équipe pluridisciplinaire au quotidien (neurologues, gériatres, psychiatres, psychologues, neuropsychologues…).

« L’arrivée des biomarqueurs sanguins constitue une avancée très importante pour les patients. Le prélèvement est beaucoup plus simple, mais le résultat n’a de sens que lorsqu’il intervient au bon moment du parcours diagnostique et qu’il est interprété au regard de l’ensemble des symptômes et des examens du patient. »

Dr Boutoleau-Bretonnière, neurologue, CHU de Nantes et Dr Bigot Corbel, biologiste au CHU de Nantes

Une évolution majeure à l’heure où la prise en charge de la maladie d’Alzheimer évolue L’arrivée de ces nouveaux biomarqueurs sanguins s’inscrit dans une transformation plus large du diagnostic et de la prise en charge de la maladie d’Alzheimer. Identifier plus précisément et plus précocement les mécanismes de la maladie pourrait notamment permettre de mieux orienter les patients et d’adapter leur suivi. Ce dosage est d’ailleurs déjà utilisé en recherche clinique.

Chiffres 2025 :

  • 2 000 patients dans la file active du CMRR de neurologie dont environ 600 avec une maladie d’Alzheimer ;
  • 800 nouveaux patients pris en charge chaque année.

4 questions pratiques pour les patients

À qui s’adresse ce nouveau type de diagnostic ?

Aux patients de plus de 55 ans présentant des troubles cognitifs et pour lesquels une maladie d’Alzheimer est suspectée après une évaluation médicale spécialisée.

Peut-on demander ce test à son médecin pour savoir si l’on développera un jour la maladie ?
Non. Le p-Tau217 n’est pas un test prédictif ni un outil de dépistage destiné aux personnes sans symptômes.

Peut-il remplacer systématiquement la ponction lombaire ?
Non. Il peut permettre de l’éviter dans certaines situations, mais des examens complémentaires restent nécessaires selon le profil et la situation de chaque patient.

Peut-il remplacer systématiquement la ponction lombaire ?
Non. Il peut permettre de l’éviter dans certaines situations, mais des examens complémentaires restent nécessaires selon le profil et la situation de chaque patient.


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