-
Partager cette page
CP - Après plusieurs épisodes infectieux en néonatologie, marqués notamment par deux décès imputables, le CHU de Nantes a renforcé de manière continue son dispositif de prévention et mandaté une expertise externe
le 5 octobre 2026
Après plusieurs épisodes infectieux en néonatologie, marqués notamment par deux décès imputables, le CHU de Nantes a renforcé de manière continue son dispositif de prévention et mandaté une expertise externe
Depuis 2022, plusieurs épisodes infectieux ont affecté les unités de réanimation néonatale et de soins intensifs de néonatalogie du CHU de Nantes, deux décès reconnus comme imputables ayant été déplorés. Face à cette situation très grave, l'établissement a déployé un ensemble de mesures de prévention, de surveillance et de maîtrise du risque infectieux. Compte-tenu de la persistance d’un des épisodes, il a mandaté avant l’été une expertise externe afin d’apporter un regard extérieur et d'identifier toutes les pistes d'amélioration possibles pour renforcer encore la sécurité des prises en charge.
Une situation très grave qui mobilise le CHU et une expertise externe
Les épisodes infectieux observés depuis 2022 ont eu, pour certains nouveau-nés et leurs familles, des conséquences très graves puisque deux décès reconnus imputables à une infection sont à déplorer et deux enfants ont développé une méningite.
Les familles concernées ont été accompagnées tout au long de la prise en charge de leur enfant et continuent de bénéficier du soutien des équipes médicales.
Les enfants atteints de méningite font l'objet d'un suivi médical régulier, comme l'ensemble des enfants pris en charge dans ces unités et en particulier les grands prématurés. À ce jour, les enfants vont mieux.
Un plan d'action engagé et renforcé depuis 2022
Dès les premiers signalements, le CHU de Nantes a engagé un ensemble d'actions coordonnées sous l'égide de son unité de gestion du risque infectieux. Ce dispositif a été régulièrement renforcé afin de prévenir les transmissions, sécuriser les prises en charge et accompagner les professionnels comme les familles.
Les mesures mises en oeuvre comprennent notamment :
• la surveillance épidémiologique continue ;
• le dépistage régulier des nouveau-nés ;
• des audits de pratiques et des actions de formation ;
• le renforcement des procédures de bionettoyage ;
• la révision de l'organisation des soins et des flux ;
• des actions de prévention et de sensibilisation destinées aux parents.
Une expertise extérieure pour poursuivre l'amélioration
Pour aller au-delà des résultats déjà obtenus, la gouvernance du CHU a mandaté en juin 2026 une mission d'expertise externe composée du Pr Léone, du Dr Letouzey et de M. Gaillourdet. Cette mission vise à évaluer les pratiques en place, à analyser les différents facteurs pouvant contribuer à la transmission des bactéries et à formuler des recommandations complémentaires. Ses conclusions sont attendues prochainement et guideront les prochaines étapes du plan d'action.
Des unités accueillant près de 850 nouveau-nés chaque année
Les professionnels des unités de réanimation néonatale et de soins intensifs du CHU de Nantes prennent en charge avec un très haut niveau de compétences près de 850 nouveau-nés
chaque année, parmi les patients les plus fragiles de l'hôpital. Leur prise en charge nécessite une surveillance continue, de nombreux soins spécialisés et l'intervention de multiples professionnels. Cette réalité explique le niveau particulièrement élevé de vigilance et de prévention déployé dans ces secteurs de soins critiques pour maitriser la transmission de bactéries que l’on retrouve couramment en population générale.
Une vigilance qui demeure maximale
Les épisodes ayant entraîné les conséquences les plus graves sont aujourd'hui maîtrisés. Une seule épidémie demeure en cours, celle liée au SARM. Elle fait l'objet d'une surveillance renforcée et aucun décès ne lui est directement imputable à ce jour. Le CHU de Nantes reste pleinement mobilisé aux côtés des familles, auxquelles il exprime son plein soutien et toutes ses pensées, des équipes et des autorités sanitaires afin de garantir le plus haut niveau de sécurité possible pour les nouveau-nés accueillis dans ses services.
« Face à cette situation, notre responsabilité est d’agir avec transparence, de tirer tous les enseignements nécessaires et de mettre en oeuvre toutes les mesures utiles pour sécuriser
les prises en charge. »
Philippe El Saïr, directeur général du CHU de Nantes
« Les enfants accueillis dans ces unités sont parmi les plus vulnérables. C’est pourquoi nous maintenons un niveau de vigilance extrêmement élevé et poursuivrons sans relâche les actions engagées. »
Pr Karim Asehnoune, président de la commission médicale d’établissement du CHU de Nantes
« Le recours à une expertise extérieure face à une situation complexe à résoudre est toujours indiquée en matière de maitrise du risque infectieux. Il permet de réinterroger les pratiques
pour identifier de nouvelles actions d’amélioration. Le CHU de Nantes mobilise ainsi depuis le début de cet épisode infectieux tous les leviers à sa disposition pour y mettre un terme. »
Dr Gabriel Birgand, spécialiste du risque infectieux et directeur du Centre régional d’appui pour la prévention des infections associées aux soins (CPias) en Pays de la Loire
Télécharger le communiqué