Publié le 3 avril 2015 Mis à jour le 3 avril 2015
La dysphasie se définit comme un trouble sévère et durable de l’acquisition du langage oral chez un enfant normalement intelligent, indemne de trouble sensoriel, neurologique acquis, ou psychiatrique.

Il existe plusieurs formes avec atteinte du versant expressif du langage (ce que l’on dit) et/ou du versant réceptif (ce que l’on comprend).

On retrouve pour ces enfants des anomalies sévères dans l’évolution chronologique des étapes du développement normal du langage, et des formes aberrantes qui peuvent coexister avec des formes correctes du langage; on peut trouver par exemple un langage très restreint, des mots ou des phrases déstructurés, des mots même courants "sur le bout de la langue" ou produits par tâtonnements.

La plupart des enfants dysphasiques ont des troubles du langage écrit qui se présentent comme ceux des enfants dyslexiques.

Les manifestations peuvent être différentes d'un élève à l'autre ce qui nécessite des adaptations et des prises en charge différentes.

Pour de nombreux enfants, l'entrée dans l'écrit va aider à structurer le langage oral.


Pour faciliter la compréhension :
  • d’une manière générale, bien préciser à l’élève ce qu’on attend de lui en début de cours. Certains ne peuvent pas apprendre par cœur des séquences longues, des poésies avec un langage soutenu, les tables, les noms propres, les dates...
  • Il est nécessaire d'aménager les consignes: si possible, parler en face de l'enfant pour favoriser l'observation des lèvres, ralentir légèrement le rythme de la consigne, la segmenter, la répéter si besoin et en vérifier au fur et à mesure la compréhension, faire des phrases courtes, précises et bien articulées ; ne pas multiplier les informations ou consignes parallèles ; laisser le temps à l’enfant de se faire des représentations mentales.
  • Laisser sous les yeux des indices visuels (y compris des pictogrammes) pour que l'enfant n'ait pas à concentrer ses efforts sur la rétention de la consigne orale mais plutôt sur la réalisation ; et lui fournir le lexique de la nouvelle leçon.
  • En ce qui concerne le vocabulaire ou l’approche des nouvelles notions, penser à réexpliquer de différentes manières, en sollicitant des entrées variées, auditive, visuelle et kinesthésique, ou en ayant recours à un autre élève ; la manipulation est souvent nécessaire.
Pour faciliter l'expression :
  • Ne pas attendre une syntaxe correcte en permanence mais privilégier plutôt le fond, et éviter de demander à l’enfant de répéter, car cela est peu efficace dans la durée ; plutôt l'aider à construire son discours et à conserver le fil de sa pensée. Ne pas le « bousculer » lorsqu'il s'exprime, même si la latence est prolongée. Lui laisser un support visuel sur lequel s’appuyer. Dans certains cas, proposer une formulation orale de ce que vous pensez qu'il veut dire.
  • Le « manque du mot » fait partie de plusieurs formes de dysphasies, l’enfant a ce mot « au bout de la langue » et le retrouve d'autant moins qu'il le cherche. Il peut très bien avoir appris une leçon, et être dans l'incapacité de vous la restituer parce qu'il n'a pas accès à son propre lexique. Nous vous suggérons d’utiliser "l'ébauche orale" c'est-à-dire démarrer pour lui, ou de lui donner des familles de mots et autres moyens pour accéder au mot recherché. Le laisser chercher trop longtemps lui fait perdre son idée et n'est pas efficace.

Tableau récapitulatif "Propositions d'adaptations et d'aménagements possibles pour un élève dysphasique"