Psychiatrie et santé mentale - Questions fréquentes

Publié le 7 juillet 2008 Mis à jour le 10 février 2026

Qu'est-ce qu'une hospitalisation libre en psychiatrie ?

Vous pouvez être hospitalisé en « hospitalisation libre » : vous êtes demandeur de soins ou bien vous acceptez l’hospitalisation qui vous est proposée par votre médecin.


Qu'est-ce qu'une hospitalisation sous contrainte en psychiatrie ?

Vous pouvez être hospitalisé en « hospitalisation sous contrainte » : votre état de santé nécessite une hospitalisation que vous n’avez pas choisie. Il existe trois formes d’hospitalisation sous contrainte :

  • Soins psychiatriques à la demande d’un tiers : la demande de soin est formulée par une personne qui agit dans votre intérêt et est confirmée par un ou deux certificats médicaux. Vous ne pouvez pas quitter l’établissement sans l’avis favorable du médecin psychiatre.
  • Soins psychiatriques en cas de « péril imminent » : le directeur d’établissement décide de votre admission en soins psychiatriques sans consentement au vu du péril imminent constaté par un certificat médical. Vous ne pouvez pas quitter l’établissement sans l’avis favorable du médecin et du directeur d’établissement.
  • Soins psychiatriques sur décision du représentant de l’État : vous êtes hospitalisé sur décision préfectorale sur l’avis d’un médecin. Vous ne pouvez pas quitter l’établissement sans l’avis favorable du préfet, sur demande du médecin psychiatre.

Qu'est-ce que le parcours d’un patient en soins psychiatriques sans consentement ? Quelles en sont les modalités ? Quels sont vos droits ?

Selon l’évolution de votre état de santé, le psychiatre peut prescrire, soit une hospitalisation complète, soit une autre forme de prise en charge incluant des soins ambulatoires (hospitalisation à temps partiel, hôpital de jour, centre d’accueil thérapeutique à temps partiel, hospitalisation à domicile…). Le maintien du patient en hospitalisation complète est soumis à la décision du juge des libertés et de la détention avant le 12e jour d’hospitalisation. Vous serez convoqué par le juge à une audience au tribunal de grande instance, si votre état de santé le permet. Cette audience a pour objectif de vérifier que les troubles mentaux du patient justifient l’atteinte à ses libertés individuelles, Lors de l’audience, le patient est assisté d’un avocat de son choix ou, à défaut, commis d’office. Dans ce dernier cas, les frais d’avocats sont pris en charge par le ministère de la Justice. À l’issue de l’audience, un jugement est rendu sous forme d’ordonnance, notifiée dans un délai de 24 heures, au patient, qui en accuse réception par écrit.

Droits des personnes hospitalisées en psychiatrie sans consentement :

  1. Communiquer avec le préfet, le président du tribunal de grande instance, le procureur de la République, le maire de la ville de Nantes ;
  2. Saisir la commission départementale des soins psychiatriques (CDSP) ;
  3. Prendre conseil d’un médecin ou d’un avocat de leur choix ;
  4. Porter à la connaissance du contrôleur général des lieux de privation de liberté des faits ou des situations susceptibles de relever de sa compétence ;
  5. Émettre ou recevoir des courriers (les enveloppes et les timbres ne sont pas fournis dans l’unité) ;
  6. Consulter le règlement intérieur de l’établissement et recevoir les explications qui s’y rapportent ;
  7. Exercer leur droit de vote, par procuration ou lors de permission en fonction de leur état de santé ;
  8. Se livrer aux activités religieuses ou philosophiques de leur choix.

À l’exception des 5, 7 et 8, ces droits peuvent être exercés à leur demande par les parents ou les personnes susceptibles d’agir dans l’intérêt du malade.

Vous pouvez faire un recours contre une décision de soins psychiatriques sans consentement en saisissant par courrier, soit :

  • le directeur d’établissement : Mme le directeur général du CHU de Nantes, hôpital Saint-Jacques – 85 rue Saint Jacques – 44093 Nantes Cedex 1 ;
  • la commission départementale des soins psychiatriques de Loire-Atlantique : M. le président de la commission départementale des soins psychiatriques – agence régionale de santé – délégation territoriale 44CS 56233 - 44262 Nantes Cedex 2 ;
  • le procureur de la république : M. le procureur de la République – tribunal de grandeinstance – quai François-Mitterrand – 44921 Nantes Cedex 9 ;
  • le juge des libertés et de la détention : M. le juge des libertés et de la détention – tribunal de grande instance – Quai François-Mitterrand – 44921 Nantes Cedex 9.

Si nécessaire, l’équipe soignante est à votre disposition pour répondre à vos questions.


Qu'est-ce que l'électroconvulsivothérapie (ECT) ?

L'ECT est l'aboutissement des progrès scientifiques et techniques de l'ancienne méthode appelée "électrochocs". Réalisée aujourd'hui sous anesthésie générale, l'ECT permet l'amélioration rapide de l'état de santé de certains patients par le recours à l'équivalent d'une crise convulsive, artificiellement provoquée en utilisant un courant faible et très bref appliqué à la surface du crâne.


Pourquoi m'a-t-on proposé l'électroconvulsivothérapie (ECT) ?

Après un examen approfondi de votre état de santé, les avantages et les inconvénients de l'ECT ont été comparés à ceux des autres traitements possibles. L'ECT vous a été proposée parce qu'il est nécessaire d'agir très rapidement, et habituellement pour l'une ou l'autre des raisons suivantes :

  • votre traitement par médicaments n'a pas été ou n'est plus suffisamment efficace ;
  • votre organisme n'a pas supporté les traitements par médicaments ;
  • les médicaments sont contre indiqués dans votre cas ;
  • l'ECT a été efficace pour vous lors d'une situation identique dans le passé.

Quels sont les bénéfices de l'électroconvulsivothérapie (ECT) ?

Certains patients ne réagissent pas ou réagissent tardivement aux médicaments utilisés habituellement dans quelques maladies comme la vôtre. Des études scientifiques ont montré que l'ECT procure une amélioration nette de l'état de santé d'au moins 80% de ces patients. Les principaux avantages de l'ECT sont la rapidité d'action et l'importance de son effet bénéfique sur les symptômes aigus.


Quels peuvent être les risques de l'électroconvulsivothérapie (ECT) ?

Comme toute thérapeutique efficace et puissante, l'ECT comporte, à côté des avantages, des inconvénients, parfois des incidents et exceptionnellement des accidents. Les risques de toutes anesthésie générale peuvent être observés (en particulier allergie à certains produits, complications cardio respiratoires, voire décès). La consultation pré-anesthésique a pour but de limiter ces risques. De rares lésions dentaires, neurologiques, traumatiques (luxation, voire fracture) ont été enregistrées.


Comment se déroule l'électroconvulsivothérapie (ECT) ?

Une consultation d'anesthésie a lieu avant le début du traitement. Le médecin anesthésiste vous examine et analyse les résultats des examens pré anesthésiques auxquels vous avez été soumis : bilan sanguin (IONO, TP/TCA),  ECG. Si votre état de santé le nécessite, il demande d'autres examens complémentaires. Le traitement comporte plusieurs séances, d'une dizaine de minutes chacune. Les séances sont renouvelées deux ou trois fois par semaine et leur nombre total varie de quatre à 20 environ, en fonction de l'amélioration de votre état de santé. Les séances se déroulent en présence d'un médecin anesthésiste, d'un médecin psychiatre et d'un infirmier. A chaque séance, vous êtes anesthésié : il s'agit d'une anesthésie générale de quelques minutes. Le médecin anesthésiste vous injecte aussi un médicament destiné à relâcher vos muscles. Vous recevez de l'oxygène jusqu'à votre réveil. Votre tension artérielle, votre électrocardiogramme et votre électroencéphalogramme sont enregistrés durant la séance. Au cours d'une séance, vous ne percevez aucune sensation particulière. Vous ne sentez pas l'administration du courant et vous n'avez aucune douleur. A votre réveil, vous ne vous souvenez pas du déroulement de la séance. Il se peut que vous vous sentiez confus. En général, cette confusion disparaît au bout d'une heure environ. Vous pouvez éprouver un mal de tête durant la journée et parfois ressentir quelques nausées. Des troubles de la mémoire peuvent être observés chez certains patients. Ces troubles concernent la mémoire des événements récents et parfois la mémoire des événements du passé : dates, noms adresses ou numéros de téléphone. La plupart du temps, ces troubles disparaissent après quelques jours ou quelques semaines. Exceptionnellement, ils peuvent persister plusieurs mois.

Après les premières séances et en fonction de votre état de santé, votre médecin peut vous proposer de poursuivre votre traitement par des séances d'entretien destinées à prévenir une rechute de la maladie. Vous aurez alors la possibilité de venir de chez vous pour la séance et de retourner à votre domicile après celle-ci. Si cela est votre cas, des précisions complémentaires vous seront fournies en temps utile. Sachez toutefois que vous ne devrez sortir qu'accompagné et ne pas conduire de véhicule. Une personne capable de vous porter assistance doit rester auprès de vous durant la nuit suivante. Un téléphone à proximité est nécessaire.
Si vous souhaitez des précisions ou d'autres informations, n'hésitez pas à les demander.

L'ensemble de l'équipe soignante sera toujours disponible pour en parler avec vous et avec votre entourage si vous le désirez.