la dysplasie arythmogène du ventricule droit - diagnostic clinique

Publié le 2 septembre 2011

Il n'existe pas à ce jour de méthode de référence pour le diagnostic de la DAVD. Actuellement, un diagnostic est établit sur un ensemble de critères combinés, établis par le groupe de travail sur les maladies myocardiques et péricardiques de la société européenne de cardiologie et par le conseil scientifique sur les cardiomyopathies de la société et de la Fédération internationale de cardiologie. Le diagnostic repose donc sur l'association de critères cliniques, électriques et morphologiques. Il est donc nécessaire de réaliser plusieurs examens complémentaires.

Le bilan cardiaque a un double objectif:

  • rechercher des anomalies électriques cardiaques favorisant la survenue d'arythmies ventriculaires;
  • préciser l'extension de la maladie au niveau de l'architecture du muscle cardiaque;

le bilan «électrique»:

  • un électrocardiogramme de repos (ECG) permet l'enregistrement de l'activité électrique cardiaque au repos: il peut être normal au début de la maladie puis il met en évidence progressivement des anomalies de transmission des impulsions électriques à l'intérieur des ventricules;
  • un ECG haute amplification permet de repérer des anomalies de transmission de l'impulsion électrique quand l'ECG de repos est normal (recherche de «potentiels tardifs»);
électrocardiogramme
  • un électrocardiogramme d'effort (test d'effort) permet de dépister des emballements anormaux du cœur à l'effort (arythmies cardiaques d'effort);
  • un holter-ECG sur 24 heures permet de dépister sur 24 heures des arythmies cardiaques parfois non ressenties.


le bilan «morphologique»:

  • une échocardiographie trans-thoracique (ETT) recherche des anomalies du ventricule droit (défaut de contraction d'une ou plusieurs parois, dilatation de la cavité, déformation localisée), et une extension des anomalies au ventricule gauche; au début de la maladie, l'ETT est normale mais ne doit pas éliminer le diagnostic;
  • une IRM cardiaque peut être demandée quand on suspecte le diagnostic de DAVD et que l'échocardiographie est normale ou montre des anomalies minimes ; elle recherche les mêmes anomalies que l'ETT;
  • plus rarement, une angiographie du ventricule droit peut être demandée ; il s'agit d'un examen invasif car le cardiologue doit acheminer par la veine fémorale droite un petit cathéter jusqu'à l'intérieur du ventricule droit pour y injecter un produit de contraste qui va remplir le ventricule droit et montrer, sous radioscopie, les zones anormalement distendues ou déformées;
multiples anévrysmes de la paroi inférieure.
Multiples anévrysmes de la paroi inférieure.

 

  • la tomoscintigraphie des cavités cardiaques (GBP SPECT): il s'agit d'un examen qui consiste en l'injection par voie veineuse de sérum albumine marqué au 99mTc. La radioactivité dans les cavités cardiaques est ensuite enregistrée, permettant une reconstruction tridimensionnelle (mode tomographique), et ainsi la mesure des volumes du ventricule gauche et du ventricule droit, ainsi que les fractions d'éjection. Outre les anomalies morphologiques et fonctionnelles retrouvées classiquement dans la DAVD, la gamma-angiocardiographie (GAC) en mode tomographique permet de mettre en évidence des retards de contraction (déphasages) locaux ou régionaux au sein du VD.

> (suite) origine génétique de la DAVD
> retour au sommaire