Publié le 3 avril 2015 Mis à jour le 1 juin 2020

La dysphasie est un trouble neurodéveloppemental du langage oral qui se caractérise par une perturbation significative, sévère et durable de la structuration du langage parlé. C’est un trouble spécifique du langage oral qui ne peut pas être expliqué par une pathologie neurologique acquise, par un trouble sensoriel, par une déficience intellectuelle, par un manque d’appétence à la communication ou par une pathologique psychiatrique.

Dans le contexte d’une dysphasie, les compétences langagières s’améliorent mais ne se normalisent pas dans le temps.

On parle des dysphasies plutôt que de la dysphasie car les formes cliniques sont variées, selon que les altérations langagières touchent préférentiellement l’expression (dysphasies dites « expressives ») et/ou la compréhension (dysphasies dites « réceptives »).

Parmi les dysphasies, nous relevons : la dysphasie phonologico-syntaxique, la dysphasie par trouble du contrôle phonologique, la dysphasie mnésique ou lexicale-syntaxique, la dysphasie réceptive, la dysphasie sémantico-pragmatique (ajoute-t-on la dysphasie kinesthésique afférente ?)

Cette perturbation du langage oral interfère de manière significative dans les apprentissages scolaires, dans la vie sociale et plus tard professionnelle de la personne présentant une dysphasie.

Dans le cadre de la dysphasie, afin d’affirmer le caractère spécifique du trouble, la démarche diagnostique est nécessairement pluri-disciplinaire et comporte au moins un bilan orthophonique, un bilan psychologique et un bilan médical.

Si vous avez au cours de votre exercice professionnel rencontré des enfants dysphasiques, vous avez du remarquer que les manifestations de leur pathologie étaient variables d’un enfant à l’autre. Effectivement, tous les enfants dysphasiques ne se ressemblent pas. Mais vous trouverez ci-dessous un certain nombre de signes qui peuvent s’observer chez les enfants dysphasiques.

Quand il est difficile de comprendre le langage qui nous est adressé et de parler, les relations avec les autres peuvent se trouver très contraintes. Ceci peut induire au quotidien chez l’enfant dysphasique :

  • Des frustrations, des colères face aux échecs de communication
  • Des réactions agressives
  • Des attitudes de repli
  • Une altération de l’estime de soi
  • Un sentiment d’insécurité
  • Des difficultés pour exprimer les émotions
  • Une stimulation en deçà de leur curiosité

Quand il est difficulté de comprendre le langage et de parler, les apprentissages scolaires pourront être contraints partiellement ou dans leur ensemble (langage écrit, langage mathématique, histoire/géographie et sciences avec leurs lexiques spécifiques et leurs démarches descriptives et hypothético-déductives …) et la scolarisation pourra être mal vécue. Ceci induit au quotidien chez l’enfant dysphasique :

  • Une altération de l’estime de soi
  • Une baisse de la motivation
  • Des difficultés comportementales réactionnelles : agitation, opposition, conduites d’anticipation de l’échec qui pourraient passer pour de la mauvaise volonté, …
  • Une scolarité contrariée

Les automatismes de traitement et de production du langage oral ne s’établissant pas facilement, l’enfant dysphasique va être en permanence dans le contrôle ce qui induira un coût cognitif très important. Ceci peut induire au quotidien chez l’enfant dysphasique :

  • Une fatigue
  • Une lenteur
  • Des fragilités attentionnelles
  • Des fluctuations dans les performances

L’enfant dysphasique présente fréquemment d’autres difficultés associées à son trouble du langage oral. Ces dernières touchent d’autres habiletés (mémoire, fonctions exécutives, motricité….), plus ou moins en lien avec le langage oral. En conséquence, l’enfant dysphasique peut manifester les signes suivants :

  • Une capacité limitée à mémoriser plusieurs informations en même temps
  • Des difficultés d’abstraction
  • Un manque d’organisation
  • Des maladresses gestuelles, des difficultés graphiques,…
  • Des difficultés pour se repérer dans le temps et dans l’espace

L’ensemble de ces facteurs, même s’ils ne sont pas nécessairement tous présents chez l’enfant dysphasique, nécessite la mise en place d’un certain nombre d’adaptations de la part de son entourage familial et de l’ensemble des professionnels qui l’accompagnent, et notamment de la part des enseignants.

Si l’enfant présentant un trouble spécifique du langage oral rencontre des difficultés pour communiquer, pour apprendre…, c’est un enfant intelligent qui montre d’autres capacités.

L’attitude de l’Autre sera alors déterminante pour son évolution. L’enfant aura besoin de trouver dans son entourage l’attitude qui lui permettra d’exprimer ses capacités. Il aura besoin plus que tout autre enfant d’être valorisé dans ses réussites et d’être encouragé dans ses prises de risque. Pour cela, il est primordial de repérer les compétences préservées, les centres d’intérêt de l’enfant dysphasique pour continuer de le stimuler en adaptant les consignes et les explications à son niveau de compréhension.