[Reportage] l'unité fonctionnelle de soins spécifiques en odontologie : de la prise en charge à la prise en compte

Publié le 15 mars 2024 Mis à jour le 15 mars 2024

Rien de plus banal qu’une carie ? Pas si sûr.

Pour une personne en situation de handicap, les soins bucco-dentaires même les plus élémentaires peuvent s’apparenter à un vrai parcours du combattant.

Pour le Dr Isabelle Hyon, responsable de l’unité de soins spécifiques, une spécialité du service,

le renoncement aux soins est fréquent et la prise en charge du handicap nécessite une adaptation des pratiques. Le protocole de ces consultations passe souvent par un très long travail d’habituation pour amener les patients au fauteuil. 


Aujourd’hui le Dr Hyon et 3 étudiants reçoivent Brice, le premier patient de l’après-midi, polyhandicapé. Il vient pour son suivi mensuel.
Dans cette unité, patients et soignants se tutoient et s’appellent par leur prénom. C’est toujours convivial et respectueux.

« On peut y aller Brice ? » demande le Dr Hyon. En fond sonore, des comptines pour enfants, là les crocodiles. Brice obtempère sous le regard attentif de son accompagnatrice, éducatrice de la maison d’accueil spécialisée qui l’accompagne à chacun de ses soins.

Il y a beaucoup de choses qui ne s’apprennent pas mais qui se vivent. On apprend les spécificités de chaque pathologie tous les jours avec nos patients. 


Petits, grands patients, le Dr Hyon les connait par cœur. Chaque histoire, chaque parent, chaque détail, elle a voué toute sa carrière à ces patients. « L’arme fatale » de cette unité c’est elle, d’une immense humanité, passionnée par son travail.

Cassandre est la patiente suivante. Quand on demande à sa maman depuis quand Cassandre est soignée par le Dr Hyon, un silence… « Depuis toujours ».

Cassandre est une jeune fille de 17 ans, autiste. Tout au long du soin, le Dr Hyon encourage et félicite Cassandre. Sa maman l’assiste, pour ce soin, elle est la seule praticienne. « Cassandre est extrêmement sensible aux bruits. L’objectif est d’apporter le calme et de rendre les choses plus légères ». « Une prise en charge conviviale et humaine dans un espace d’accueil unique » ajoute la maman de Cassandre.

Bienveillance et écoute sont les maitres-mots.