Myélome multiple, le CHU de Nantes au cœur de la recherche clinique pour faire progresser les traitements

Publié le 10 juillet 2026 Mis à jour le 10 juillet 2026
Date(s)

le 4 juin 2026

Publiés le 29 mai 2026 dans la prestigieuse revue scientifique The New England Journal of Medicine par le Pr Cyrille Touzeau, les résultats d’un essai clinique international impliquant 162 centres, démontrent l’intérêt d’une immunothérapie par Teclistamab dès la première récidive de la maladie chez les patients atteints de myélome multiple.

Publiés le 29 mai 2026 dans la prestigieuse revue scientifique The New England Journal of Medicine par le Pr Cyrille Touzeau, les résultats d’un essai clinique international impliquant 162 centres, démontrent l’intérêt d’une immunothérapie par Teclistamab1 dès la première récidive de la maladie chez les patients atteints de myélome multiple2. Egalement présentés à l’occasion du congrès de l’American Society of Clinical Oncology (ASCO), les résultats d’une étude clinique ayant évalué un traitement précoce par Elranatamab chez des patients atteints d’un myélome multiple pas encore symptomatique3, soulignent l’intérêt de ces nouvelles immunothérapies par anticorps bispécifiques pour le traitement du myélome.


Des résultats probants pour l’administration du Teclistamab dès la première rechute

Une étude clinique menée dans 24 pays à travers le monde a montré l’efficacité du Teclistamab (Johnson & Johnson) dans le traitement des patients dès la première récidive. 593 patients atteints de myélome multiple et en situation de rechute de la maladie4, ont été inclus dans cette étude clinique de phase 35, rapportée fin mai par le Pr Touzeau dans la revue NEJM. Parmi eux, 296 patients ont reçu un traitement par Teclistamab et 297 ont reçu les traitements administrés habituellement pour ces patients en rechute (Pomalidomide, Bortezomib, et Dexamethasone).
Après 18 mois de suivi, 70% des patients ayant reçu le Teclistamab n’ont pas rechuté contre 27% dans le groupe ayant reçu les traitements standards. L’espérance de vie est également améliorée avec un taux de survie de 80% pour le groupe traité par Teclistamab contre 70% dans l’autre groupe.

Actuellement administré chez des patients en phase plus avancée de la maladie(après au moins 3 lignes de traitement), ces résultats sont essentiels pour permettre la prescription de ce médicament (autorisation de mise sur le marché) dès la première rechute de la maladie.

« Ces traitements par anticorps bispécifiques sont encore plus efficaces quand ils sont utilisés à des stades précoces de la maladie. Nous évaluons actuellement ces médicaments dès la première ligne, avec pour intention de remplacer la chimiothérapie intensive avec autogreffe toujours considérée comme traitement standard chez le spatients jusqu’à l’age de 70 ans. »
Pr Cyrille Touzeau, hématologue et responsable du centre d’investigation clinique d’hémato-cancérologie du CHU de Nantes


Myélome indolent5, une réponse positive des patients traités par Elranatamab

Présentés par le Pr Cyrille Touzeau au cours du congrès de l’ASCO, les résultats d’une étude clinique de phase 26 menée dans plusieurs pays européens montrent l’intérêt de l’Elranatamab utilisé de manière précoce chez des patients atteint de myélome indolent et à haut risque de progression vers une forme symptomatique du myélome. 50 patients ont reçu un traitement par Elranatamab (anticorps bispécifique, Pfizer) pendant deux ans.

Après quatorze mois de suivi, 72% d’entre eux sont en rémission complète. Parmi ces patients 90% affichent un seuil indétectable de la maladie (absence de cellule cancéreuse détectée parmi 1 million de cellules de la moelle osseuse). Après un suivi médian encore court de 14 mois, aucun patient n’a évolué vers une maladie symptomatique. Si ces très bons résultats se confirment avec un suivi plus important, cela ouvrirait une nouvelle voie de traitement précoce pour les patients.

1 Anticorps bispécifique, qui cible à la fois les antigènes BCMA présents à la surface de la cellule tumorale et les lymphocytes T (cellules du
système immunitaire) qui détruisent ainsi la tumeur.
2 Cancer qui affecte les plasmocytes, cellules immunitaires qui se trouvent principalement dans la moelle osseuse.
3 Myélome sans symptômes et pouvant évoluer vers un myélome symptomatique.
4 Patients ayant reçu un, deux ou trois traitements dont un anticorps monoclonal anti-CD38 (immunothérapie) associée au Lénalidomide
(chimiothérapie).
5 Étude visant à comparer l’efficacité du nouveau médicament au placebo ou à un médicament de référence.
6 Étude clinique évaluant l’efficacité et la sécurité d’un médicament.