Publié le 21 décembre 2017 Mis à jour le 21 décembre 2017

Le syndrome douloureux vésical ou cystite interstitielle se définit par une douleur pelvienne chronique (depuis plus de 3 mois), exprimée en termes de pression ou d’inconfort, perçue en relation avec la vessie, accompagnée par une envie persistante et forte d'uriner et/ou d’une pollakiurie (plus de 8 mictions par jour), avec ou sans anomalie endoscopique.

Cette définition est très large mais on peut cependant différencier deux groupes différents de patients :

Hypersensibilité vésicale : Il s’agit de patients qui urinent souvent dans la journée
mais peu la nuit, qui sont douloureux tout le temps, même peu de temps après avoir uriné. Ces patients présentent alors des volumes mictionnels très variables (miction volumineuse le matin au réveil alors que les mictions de la journée ne font parfois que quelques gouttes). Il existe un tableau douloureux plus diffus pouvant toucher d’autres organes pelviens. On parle alors de Syndrome de vessie douloureuse par hypersensibilité vésicale. Autrement dit, ce n’est pas leur vessie qui est malade mais le système de capteurs et de régulation de la douleur qui est déréglé.

    
Maladie de la paroi vésicale : Il s’agit de patients qui vont uriner toutes les heures parfois plus, que ce soit le jour et la nuit. Dans ce cas les quantités urinées sont quasiment toujours les mêmes. Les douleurs disparaissent après la miction avant de réapparaitre en fonction du remplissage de la vessie. On parle dans ce cas de syndrome douloureux vésical avec pathologie de paroi. En effet dans ce cas, la vessie souffre d’une maladie inflammatoire qui la rend de plus en plus petite avec le temps.

Le diagnostic doit donc s’appuyer sur un interrogatoire précis, mais également un calendrier mictionnel ainsi qu’une cystoscopie sous anesthésie générale.

La cystoscopie est un examen qui consiste à introduire une petite caméra dans la vessie. Afin de bien voir la paroi vésicale celle-ci est remplie avec de l’eau. Cet examen permet d’éliminer la présence d’une tumeur ou d’un calcul dans la vessie. Il permet surtout de mesurer la capacité anatomique de la vessie (volume maximale d’eau qu’elle peut contenir) en dehors de toute douleur (examen réalisé sous anesthésie générale).
Cet examen est indispensable pour bien caractériser le sous-type de douleur vésicale entre hypersensibilité (capacité anatomique normale) ou maladie de la paroi vésicale (capacité anatomique réduite).

La prise en charge du syndrome douloureux vésicale dépend donc du sous-type avec des traitements de la douleur, des traitement urologiques spécifique pouvant aller jusqu’à la chirurgie au niveau de la vessie. Le choix se fait en fonction du bilan et en
collaboration entre urologue et algologue (médecin de la douleur).