Radiologie interventionnelle 

Qu’est-ce que la chimiothérapie intra-artérielle ?

La chimiothérapie intra-artérielle est une forme de traitement des tumeurs hépatiques secondaires (tumeur qui s’est propagée au niveau du foie à partir d’un autre organe) qui consiste à administrer des médicaments de chimiothérapie, via un cathéter à chambre placé temporairement dans l’artère hépatique. Ce cathéter est positionné lors d’une artériographie préparatoire. Cette approche permet de délivrer à la tumeur des doses de chimiothérapie nettement plus importantes que celles délivrées par voie veineuse. Bien que relativement toxique, la chimiothérapie intra-artérielle entraîne moins d’effets secondaires comparativement à une chimiothérapie standard, et ce du fait que : •Les médicaments de chimiothérapie injectés dans l’artère hépatique atteignent la tumeur de façon directe en évitant la majeure partie du tissu hépatique sain. •Le reste du corps n’est que peu exposé aux médicaments de chimiothérapie administrés. Cette méthode fournit de bons résultats chez les patients qui ne sont pas de bons candidats pour un traitement standard, ou résistant aux autres traitements. La décision de ce traitement a été prise après discussion entre les différents médecins qui s’occupent de vous.

Déroulement de l’examen

L’examen s’effectue dans une salle de radiologie interventionnelle qui comporte les appareils d’imagerie médicale nécessaire à son déroulement. Cette salle bénéficie de condition d’asepsie identique à celle d’un bloc opératoire. La ponction se fait, après anesthésie locale, au niveau du pli de l’aine. Par ce point de ponction, le radiologue interventionnel insère un tube fin (cathéter) dans l’artère fémorale, il chemine par l’aorte jusqu’à l’artère hépatique alimentant les lésions. Les artères extra-hépatique sont bouchés par des petits « ressorts » (coils). Enfin le cathéter à chambre implantable est inséré au niveau de l’aine. 

Risques et complications

Localement, au niveau du point de ponction, il peut se produire un hématome qui se résorbera ensuite en deux à trois semaines. Tout à fait exceptionnellement, des lésions de l’artère peuvent nécessiter un traitement complémentaire. Le cathéter peut se thromboser (se boucher), dans ce cas un traitement sera mis en place pour déboucher le cathéter (urokinase®). Le risque d’infection du site est minimisé par les conditions d’asepsie stricte.

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Traitement

Avant chaque traitement vous reviendrez en salle de radiologie interventionnelle pour contrôler le bon positionnement et fonctionnement du cathéter et de la chambre. Parfois il est nécessaire de reprogrammer une séance d’embolisation des artères extra-hépatiques. Lors du traitement, on pique la chambre avec une aiguille, ce qui permet d’administrer les médicaments de chimiothérapie de façon continue à l’aide d’un pousse seringue. A la fin de l’injection, l’aiguille est retirée. Ainsi, l’administration peut se faire lors d’une hospitalisation de jour, et est répétée, souvent à raison de deux fois par mois, comme c’est le cas pour une chimiothérapie intra-veineuse standard.

 

Suites de l’opération

Une fois toutes les cures effectuées le cathéter à chambre implantable peut être retiré sous anesthésie locale en salle de radiologie interventionnelle. Cette décision sera prise en fonction des examens de suivi (scanner, IRM, ou PET scanner).