Publié le 31 mai 2016 Mis à jour le 13 juillet 2026

Présentation

Le cancer de la thyroïde représente 1,5% des cancers et survient dans 75% des cas chez la femme.

Le diagnostic est souvent évoqué devant un nodule dont les caractéristiques à l’échographie sont suspectes et ont fait réaliser une cytoponction. Le pronostic est en général bon.

La prise en charge est chirurgicale dans la majorité des cas mais dans certains cas lorsqu’ils sont de petite taille (< 1 cm), il peut être discuté une surveillance active.


Comment savoir si j’ai un cancer de la thyroïde ?

Les symptômes

Le cancer de la thyroïde se développe le plus souvent sans provoquer de problèmes de santé ou de signes visibles. Lorsque des symptômes apparaissent, il peut s'agir d'une sensation de gêne au niveau du cou, la présence d'une petite boule à l'avant du cou ou une douleur à la gorge. Dans certains cas, plus rares, la voix devient rauque ou l'en peut ressentir une gêne à avaler ou à respirer. Gardez à l'esprit que la plupart des masses qui se forment sur la thyroïde sont bénignes, c'est-à-dire sans conséquence grave pour la santé.

Le diagnostic

Lorsqu'un nodule est découvert, le médecin a besoin de recueillir certaines informations pour établir le diagnostic. Il interroge le patient afin de savoir s'il a déjà présenté une maladie de la thyroïde, quels sont ses antécédents médicaux et si certains membres de sa famille ont eu un cancer de la thyroïde. Il effectue également une palpation de la thyroïde, des ganglions lymphatiques du cou et vérifie la présence éventuelle d'une modification de la voix, d'une gêne pour avaler ou pour respirer. A l'issue de ce premier temps, des examens d'imagerie sont indispensables pour observer au mieux les caractéristiques du nodule détecté.

L'échographie est systématiquement réalisée pour tout nodule détecté. C'est un examen indolore, qui consiste à faire glisser sur la peau du cou une sonde qui, grâce aux ultrasons, renvoie des images de l'organe. L'objectif de l'échographie est de décrire la thyroïde et de préciser le nombre de nodules présents. Elle est également utile pour caractériser le nodule, connaître sa taille, sa localisation sur la thyroïde, son aspect à l'échographie. Les ganglions lymphatiques situés à proximité sont également examinés. Les différentes observations effectuées pendant l'examen sont reportées sur un schéma qui servira de référence pour le suivi.

Dans certains cas, cet examen est suivi d'une cytoponction. C’est un prélèvement de cellules de la thyroïde. Cet examen n’est pas douloureux : il est effectué à l'aide d'une aiguille fine qui passe au travers de la peau. Le médecin peut s'aider d'une échographie pour guider son geste.
L'analyse des cellules prélevées permet d'évaluer le risque de malignité du nodule, c'est-à-dire savoir si le nodule détecté peut être un cancer. La plupart du temps, lorsqu'un risque de malignité, même faible, est présent, une opération chirurgicale est proposée. C'est l'analyse du nodule retiré pendant l'opération qui permet avec certitude de confirmer ou non le diagnostic du cancer.

En parallèle, une prise de sang est effectuée pour mesurer la TSH et ainsi évaluer le fonctionnement de la thyroïde.

Si une opération est programmée pour retirer un nodule, d'autres analyses peuvent être effectuées, notamment la calcémie, c'est-à-dire la mesure du taux de calcium dans le sang et la calcitonine sérique. Dans certains cas, d'autres examens pourront être envisagés, comme une scintigraphie thyroïdienne ou, dans de rares cas, un scanner cervical.

Le diagnostic peut sembler long, mais un bilan précis est indispensable pour vous proposer un traitement adapté.


Les 3 types de cancers thyroïdiens

  1. Le cancer différencié de la thyroïde (papillaire et folliculaire), représente près de 90% des cancers thyroïdiens. Il n’y a pas de cause génétique connue à ce jour, en dehors de certains syndromes rares (Cowden/PTEN, DICER1). Il n’y a pas de cause environnementale connue à ce jour. La chirurgie permet une guérison de la plupart de ces cancers thyroïdiens mais il peut être proposé après discussion en RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire) un traitement complémentaire par iode radioactif, également appelé irathérapie.
  2. Le cancer médullaire de la thyroïde représente seulement 5% des cancers thyroïdiens. Il est prédisposé génétiquement dans 20% des cas (mutation RET/NEM2). Son diagnostic est posé avant la chirurgie par le dosage de calcitonine. La chirurgie permet une guérison dans la plupart de ces cancers thyroïdiens.
  3. Le cancer anaplasique de la thyroïde est un cancer thyroïdien rare (<5% des cas). La prise en charge est personnalisée. Un plan de traitement est proposé de manière individualisée après un bilan d’imagerie et la recherche d’une mutation somatique (c’est-à-dire intratumorale) par biopsie.


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