schizophrénies à début précoce (chez l'enfant) - 3

forme organique ou à forte suspicion d'organicité.

Publié le 18 octobre 2012
Compte tenu de l'incidence des schizophrénies il n'est pas inhabituel que des patients présentant une pathologie du spectre de la schizophrénie présentent également une pathologie organique, même rare. Certaines associations sont cependant plus fréquentes qu'attendues et peuvent donc être considérées comme des formes associées ou des formes à étiopathogénie organique.

Deux cas de figures peuvent schématiquement se présenter : les situations aiguës et chroniques. Il est important de distinguer également les causes qui peuvent amener un traitement (traitement médicamenteux, abus de substance, pathologie endocrinienne ou infectieuse ou encore maladie neurométabolique). L'atypicité des signes psychiatriques doit être évoquée devant l'existence d'hallucinations visuelles, l'existence d'une dimension confusionnelle, les épisodes catatoniques (fortement associées à des pathologies organiques, en particulier chez l'enfant et l'adolescent) ou encore la fluctuation de la symptomatologie ou la réaction paradoxale à un traitement classique par antipsychotiques.

Des signes de second rang (car n'étant pas directement atypiques mais évocateurs dans le contexte des signes de premier rang) doivent alors être recherchés : début aigu ou à un âge précoce, antécédents familiaux de psychoses, inefficacité d'un traitement par antipsychotique, régression cognitive et retard mental associé. La présence d'une association entre signes de premier et de deuxième rang justifie alors pour le psychiatre la recherche (toujours clinique) de signes somatiques simples : diarrhées, angiokératomes, splénomégalie, AVC/thromboses, signes neurologiques, cataracte, xanthomes, surdité, épisodes de coma/encéphalopathie, signes d'anémie, ictère actuel ou prolongé dans l'enfance...

Au-delà du bilan classique recherchant une infection, une prise de toxique, un interrogatoire sur les médicaments pris et éventuellement un bilan endocrinologique minimal (thyroide, surrénales, parathormone), un bilan d'exploration neurologique peut alors être proposé comprenant une IRM cérébrale (leucodystrophie), un examen ophtalmologique (maladie de Wilson), un électromyogramme (Xanthomatose) et une échographie abdominale (Niemann Pick).

D'autres pathologies génétiques3 comme les microdélétion 22q11, le syndrome de Prader Wili doivent étre évoquées s'il existe des symptômes spécifiques s'y rapportant. Une consultation avec un généticien est également nécessaire avec un cariotype haute résolution, la recherche d'X fragile et d'anomalie sur les chromosomes 22 (Microdéletion) et 13 (Prader Willi et Angelman). Dans le cas où ce bilan oriente vers une pathologie, la consultation vers un centre référent spécialisé est l'attitude la plus pertinente. Si le bilan est négatif, les choses deviennent plus complexes et en cas de suspicion clinique il peut être possible de proposer (pour les maladies traitables) un bilan incluant, après avis d'un neurologue spécialisé. Cette attitude est raisonnable et son objectif n'est pas d'être exhaustif mais il est de ne pas négliger une cause traitable.