schizophrénies à début précoce (chez l'enfant) - 2

forme évolutive d’un trouble du spectre autistique

Publié le 18 octobre 2012

Cette forme n'est pas consensuelle dans la littérature même si, paradoxalement, cliniquement elle est bien connue des cliniciens. La question de l'évolution d'un trouble autistique vers une schizophrénie occupe une place importante dans la littérature.

Elle est importante à connaître car, en raison des troubles de la communication et de l'association fréquente avec un retard mental dans l'autisme, le diagnostic d'hallucinations, de délire ou de repli schizophrénique est assez difficile à faire.

Là encore, un rappel historique et quelques données d'épidémiologie sont nécessaires. La définition principale de l'autisme est due à Leo Kanner qui publia un article en 1943 décrivant 11 enfants qu'il appela « autisme infantile » (34). Ces enfants présentaient de graves troubles de la communication, un repli et une intolérance au changement. L'utilisation du terme autisme, qui se réfère directement à celui utilisé par Bleuler en 1911 pour la schizophrénie est pour le moins « confusionnante » et a laissé penser qu'il s'agissait d'une forme précoce du même trouble. De fait, jusqu'au début des années 70, les psychoses précoces et les autismes étaient, particulièrement en Amérique du Nord, appelés schizophrénie infantile. Les travaux de Rutter et de Kovlin, ont cependant montré que les enfants dont la symptomatologie psychotique était précoce étaient différents de ceux pour lesquels elle était tardive dans les domaines :

  • des antécédents neurologiques;
  • des symptômes eux-mêmes;
  • des antécédents familiaux;
  • de l'évolution à long terme.
Le concept de trouble envahissant du développement (TED) qui apparaît dans le DSM III (1980) sous la forme de troubles de la communication, du langage et de stéréotypie qui va former le cœur du diagnostic d'autisme. Dès 1987, dans la version révisée du DSM, le DSM III-R, apparaît la catégorie des TED Non Spécifié (TED-NS) pour rendre compte de difficultés diagnostiques importantes. Ces difficultés persistent encore de nos jours où le diagnostic de TED-NS est largement utilisé.

Récemment, des travaux et des observations concordantes ont permis de réinterroger l'absence de liens affichés entre autisme et schizophrénie.