schizophrénies à début précoce (chez l'enfant) - 1

Forme apparaissant chez un sujet au fonctionnement prémorbide allant de peu à pas altéré

Publié le 18 octobre 2012
C'est la forme qui peut être la plus adultomorphe. Ses caractéristiques cliniques générales ne diffèrent pas fondamentalement de la description syndromique de la pathologie adulte pour les classifications CIM 10 et DSM IV.

Les différences seront plus quantitatives que qualitatives. En effet, si la symptomatologie peut être considérée comme identique, de nombreuses études font état de différences dans la part des symptômes négatifs, plus importants, que les symptômes positifs ; et ce, d'autant plus que la symptomatologie est précoce. D'autres différences peuvent être retrouvées, en particulier pour les patients les plus jeunes. Les troubles sont souvent plus anciens que l'appréciation initiale qu'on peut en avoir. En effet, leur début est en général insidieux et il existe souvent une certaine egodystonie. En conséquence, le patient peut être enclins à parler de ces symptômes à des pairs, ou des adultes, mais ceux çi sont souvent déstabilisés, ou inquiets, face à des propos anxieux, incohérents, subdélirants et très imaginatifs. Ces échanges peuvent amener une certaine méfiance chez le patient et donc une réticence à évoquer la symptomatologie avec le médecin alors même qu'il peut avoir une conscience assez nette de leur caractère pathologique (contrairement à l'adulte). Le déni plus classique des troubles se retrouve plus volontiers dans les formes les plus tardives.

La dimension, quasi pathognomonique chez l'adulte, de trouble du contact et d'étrangeté, est peu présente dans les formes précoces. Cela est en partie en lien avec l'égodystonie et peut conduire à des difficultés ou erreurs diagnostiques en particulier avec la dépression. L'état dépressif constitue d'ailleurs un diagnostique différentiel qui est évoquée devant l'aboulie, le retrait, l'amimie ou l'absence de trouble du contact ; cependant, la tristesse est rarement présente.

Par ailleurs, au-delà des symptômes présents chez le sujet, il semble que plus le début des troubles est précoce, plus on retrouvera d'antécédents développementaux et l'installation insidieuse est plus fréquente que les début brutaux. En effet, on sait déjà qu'une forte proportion de schizophrènes adultes présentent des antécédents prémorbides psychopathologiques pendant l'enfance. De nombreux travaux récents ont également mis en évidence dans la schizophrénie à début précoce un développement cognitif, linguistique et social altéré bien avant l'apparition des symptômes franchement psychotiques. On retrouve souvent en effet, chez les patients présentant des SDP, des antécédents prémorbides tels que des anomalies neurodéveloppementales minimes, des déficits attentionnels ou émotionnels, des troubles du langage ou des déficits cognitifs discrets mais également des troubles envahissants du développement.

Le développement psychomoteur des patients présentant des SDP semble marqué par des troubles de la latéralisation et de la coordination motrice. On note souvent des troubles psychomoteurs, des résultats inférieurs à la normale pour les tests d'efficience, des troubles du langage ainsi que dans les interactions sociales. Les données concernant le niveau scolaire sont contradictoires.

Enfin, les SDP sont associées à une sévérité de la maladie plus importante  ainsi qu'à une plus forte dimension héréditaire et une atteinte préférentielle des garçons, comme cela a été observé dans d'autres troubles à début précoce.

Au total, cette forme «classique» et consensuelle de schizophrénie chez le sujet de moins de 18 ans est marquée par une symptomatologie négative plus marquée et la présence de symptômes prémorbides plus fréquents et plus variés que dans les formes adultes. Et cela est d'autant plus vrai que le début des troubles est précoce.