Qu’est-ce que l'endométriose? Comment est-elle prise en charge au CHU de Nantes?

Publié le 28 avril 2014 Mis à jour le 2 juillet 2020

L'endométriose est une maladie fréquente atteignant 6 à 10% des femmes en âge de procréer et 35 à 50% des femmes ayant des douleurs ou une infertilité. À des degrés divers, les signes sont les dysménorrhées (règles douloureuses), dyspareunies (douleurs pendant les rapports sexuels), douleurs pelviennes chroniques et/ou infertilité. Peuvent s’y associer des signes digestifs ou urinaires, en fonction de l’atteinte de la maladie. Le diagnostic est parfois posé en l’absence de douleur, lors d’un bilan réalisé devant une infertilité.

Elle est susceptible d’induire des conséquences lourdes pour les patientes en terme de qualité de vie, de fertilité et de traitement médicaux et chirurgicaux répétés dont le succès est parfois incertain.

Différents type d’endométriose se définissent en fonction de la localisation des lésions. L’endométriose pelvienne profonde est la plus symptomatique en terme de douleur et la plus complexe en terme de prise en charge. Cette prise en charge est individuelle, au cas par cas, en fonction des symptômes qui dominent (la douleur, le désir de grossesse voire les deux).

Malgré une symptomatologie souvent évocatrice, le diagnostic est fréquemment posé tardivement. En effet, la symptomatologie n’est pas spécifique de la maladie et le délai entre le début des douleurs et le diagnostic peut aller jusqu’à plusieurs années.

Réunions pluridisciplinaires

Au regard de l’augmentation de l’incidence de l’endométriose, le CHU de Nantes a mis en place des réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) qui permettent de déterminer la prise en charge la plus adaptée pour chaque patiente.

Ces RCP font intervenir des chirurgiens gynécologues, des médecins de biologie de la reproduction, des radiologues spécialisés, des chirurgiens viscéraux, des chirurgiens urologues.

Les dossiers (consultations, IRM, échographie, entéro IRM , bilan d’infertilité…) sont revus de façon interactive et discutés de façon à proposer une prise en charge individuelle répondant aux besoins de la patiente. Par exemple, il est classique de présenter le cas de patientes algiques et infertiles ; les discussions permettent de déterminer la priorité entre la prise en charge chirurgicale d’emblée et la prise en charge en assistance médicale à la procréation, ceci afin d’améliorer le parcours de soins de ces couples.

Prise en charge multidisciplinaire

Outre les RCP, qui impliquent des spécialités médico-chirurgicales variées, la prise en charge peut nécessiter l’aide des médecins de la douleur, de psychologues, de kinésithérapeutes, d’infirmières spécialisées.

La recherche

Au cours de ces dernières années, le service de gynécologie du CHU de Nantes s’est ainsi affirmé dans la prise en charge médicale et chirurgicale de l'endométriose. Cette expertise clinique a permis de développer un programme de recherche sur cette pathologie encore énigmatique à plusieurs titres.