propositions d'adaptations et d'aménagements possibles pour un élève dysphasique

Publié le 3 avril 2015 Mis à jour le 6 octobre 2015
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troubles indices
signes d'alerte
aménagements/adaptations exemples d'outils
Langage oral Expression
Trouble de l’expression orale d’un point de vue phonologique : mots « déformés » (inintelligibilité), très simplifiés ou au contraire complexifiés, conduites d’approche phonologique (tâtonnements).

Laisser l’élève s’exprimer jusqu’au bout, sans lui couper la parole.

Ne pas le faire répéter  de façon systématique mais l’aider si besoin en lui proposant des mots.
 
Trouble de l’expression orale d’un point de vue morphosyntaxique :
  • flexions verbales et adjectivales;
  • emploi des connecteurs (afin, donc…);
  • ordre des mots dans la phrase.
Laisser l’élève s’exprimer jusqu’au bout, sans lui couper la parole.

L’aider si besoin en lui donnant des phrases-amorces, en lui proposant une phrase qui semble correspondre à celle « pensée ».
Adaptation type de la méthode des jetons
Difficultés à organiser son discours, un rappel libre. Informativité réduite. Mettre en mots ses actions et lui en proposer pour ses ressentis en adaptant à son niveau de langage.

Poser des questions ouvertes ou/et fermées en fonction des possibilités expressives de l’élève.
Reprendre les étapes du récit soutenues par des pictogrammes, Lecture Plus
Difficultés à trouver des mots pourtant faisant partie de son lexique : « manque du mot » avec utilisation de périphrases, de paraphasies, mots-valises « truc, machin… », néologismes, formules d’échec « je sais pas…

Pauvreté lexicale
Mettre en place des routines de langage

Donner des outils visuels sur lesquels peut s’appuyer l’élève.

Proposer des amorces.

Donner des supports d’aide à la construction du récit : phrases d’amorces, images, pictogrammes.

Enrichir le lexique et le catégoriser en lien avec le vécu de l’élève et la morphologie du mot.

Aider l’élève en faisant des propositions : « ébauche orale ».
Catégo de R. Goigoux
Compréhension
S’il s’agit d’une dysphasie à forte composante réceptive, la compréhension de l’élève est fortement altérée même lors des situations de vie de classe simples (consignes, écoute d’histoire…). Souligner le sens du/des mots dans le contexte utilisé.

Parler lentement, parler devant lui le visage éclairé, accentuer les mimiques, bien articuler et accentuer les mots-cibles y compris les mots-outils…

Accompagner son discours de gestes, dessins

S’assurer de sa compréhension pas à pas, fractionner un énoncé.

Autoriser et l’inciter à imiter en s’assurant de son implication cognitive

Ne pas hésiter à répéter, à le confronter de nombreuses reprises
Utilisation de pictogrammes et de gestes.

Favoriser la réutilisation des moyens multimodaux utilisés.
Difficultés à enrichir un bagage lexical et à différencier les marqueurs syntaxiques et grammaticaux Construire un sous-main, un répertoire de pictogrammes en lien avec les savoirs étudiés en classe et la vie quotidienne de l’enfant. Il est souhaitable de favoriser une unité du matériel de communication entre l’école, la maison et la prise en charge orthophonique.

Favoriser une entrée plurimodale d’un même savoir.
 
Difficultés à identifier la polysémie des mots, le second degré, humour, les métaphores. Faire évoluer le niveau d’abstraction du matériel visuel proposé : photographies, dessins puis pictogrammes.  
S’interroger sur sa posture d’enseignant face à l’élève ayant des besoins particuliers : se placer face à lui, fractionner les énoncés, utiliser la suppléance mimo-gestuelle pour rendre ses propos explicites et favoriser la compréhension de l’apprenant…
Langage écrit Lire
Selon le type de dysphasies les méthodes d’apprentissage de la lecture varient. Cibler son objectif : déchiffrer ou comprendre ?  
Difficultés à établir la correspondance graphie/phonie Utiliser une méthode de lecture utilisant la suppléance mimo-gestuelle ou toutes autres méthodes sollicitant le visuel ou/et le kinesthésique

Travailler sur les rimes, la segmentation
Utilisation d’une méthode avec support gestuels comme Borel-Maisonny (Patati-Patata)...

Utilisation d’une méthode type méthode par imprégnation syllabique
utilisation des logiciels dys-vocal  ou lire couleur permettant l’alternance de couleurs
Difficultés à construire un bagage lexical stable Avoir conscience qu’il construit lentement son bagage  
Vitesse de lecture lente Collaborer avec son orthophoniste Entrainement à une lecture fluente dans le programme "Parler" de M. Zorman, même si ce premier n’est pas un outil spécifiquement destiné aux élèves dysphasiques.
Difficultés à repérer les informations importantes du texte Faire lire le texte par un tiers

Baliser le texte, identifier les lignes

Lire les questions avant la lecture du texte

Travailler sur la chaîne anaphorique : donner une couleur par personnage
Utilisation d’un dictaphone où le texte sera préenregistré, des livres audio…

Proposition d’une entrée dans l’album par la pratique O.I.E. de M. Brigaudiot
Difficultés à se construire une représentation globale cohérente du texte, livre à lire Utiliser l’ensemble des éléments de la sphère sensorielle.
Considérer la compréhension en lecture comme une compétence à développer à part entière, la travailler indépendamment du déchiffrage.
Utilisation de l’outil filmique. Proposition pédagogique envisagée en fin de cycle 3 et collège. L’utilisation d’un rappel libre doit se faire dans le respect du niveau de langage oral de l’élève dysphasique.

Réalisation de frises à partir d’images construites par les élèves ou extraites d’un livre, d’un film.

Utilisation d’outils spécifiques comme Lector et Lectrix de R. Goigoux et le programme "Parler" de M. Zorman
Écrire
Difficultés à encoder, confusion de sons Réaliser un travail spécifique en phonologie.

Utiliser une méthode de lecture utilisant la suppléance mimo-gestuelle ou toutes autres méthodes sollicitant le visuel ou/et le kinesthésique.
Utilisation d’outils spécifiques comme Phono de R. Goigoux, le programme PARLER de M. Zorman

Utilisation d’une méthode avec support gestuels comme Borel-Maisonny (Patati-Patata)...

Utilisation de lettres haptiques.
Difficultés à écrire les mots irréguliers. Proposer différents moyens de mémorisation.

Réduire le nombre de mots à mémoriser.
Construction d’images mentales par le biais de l’orthographe illustrée, utilisation de l’épellation.
Difficultés à encoder la chaine d’accord. Réduire la dictée.

Cibler un objectif sur lequel l’élève doit se concentrer : accords S-V, accords des participes passés…
Adaptation type de la méthode des jetons
Difficultés massives d’orthographe. Admettre la production d’écrit sous la dictée par un tiers.

Ne pas pénaliser l’orthographe dans les autres matières.
 
Difficultés à construire et à organiser un récit (décalage entre ce qu’il souhaiterait produire et ce qu’il produit). Proposer des phrases d’amorce, des structures syntaxiques, créer une banque de mots spécifiques à chacune des productions d’écrits.  
Possibles difficultés de graphisme Admettre la production d’écrit sous la dictée par un tiers

Privilégier le fond plutôt que la forme
 
Mathématiques Connaissance des nombres
Difficultés à utiliser les mots-nombres. Utiliser les supports visuels. Proposer une frise numérique avec les mots-nombres écrits en dessous, un tableau de numération.
Résolution de problèmes
Difficultés de lecture de l’énoncé, de compréhension du lexique spécifique et abstrait (autant que, plus que, deux de plus, deux fois plus…). Proposer une lecture par un tiers.

Ecrire les nombres en chiffres

Expliciter le vocabulaire et/ou utiliser des schémas explicatifs.
Avoir une réflexion sur le « langage mathématique » : répertorier le vocabulaire, le formules syntaxiques…
Utilisation d’un dictaphone où l’énoncé sera préenregistré.
Utilisation d’un sous-main reprenant le vocabulaire spécifique et l’associer à un schéma ou/et à un pictogramme
Difficultés à repérer les informations pertinentes. Baliser les énoncés.
Lire la ou les questions avant l’énoncé.
 
Difficultés à manipuler les informations (mémoire de travail carencée).

Fractionner étapes par étapes, simplifier les énoncés.

 

Soulager la mémoire de travail en favorisant le raisonnement et autoriser des outils de soutien pour faire les calculs.
Utilisation d’énoncés fractionnés.

Utiliser des supports de calculs : le dessin, le matériel Brissiaud, une file numérique avec curseur. Utiliser la calculatrice.
Difficultés à organiser les données, à se représenter la situation.

Aider à prendre en compte les informations numériques en utilisant des représentations plus ou moins abstraites

(dessin -----> schéma)

Surligner les informations pertinentes.

Laisser le choix des différentes procédures de résolution (personnelle, experte).

Favoriser l’explicitation de ses procédures.
Un exemple : résolution «schématique»
Raisonnement arithmétique:

Difficultés à positionner les nombres en colonne en fonction de la valeur des chiffres.
  Utilisation d’un tableau de guidage pour la pose des opérations en colonnes.
Mémoire de travail Difficultés à garder en mémoire les informations d’une consigne longue. Fractionner les consignes, utiliser des phrases courtes avec un lexique simple.

Accepter qu’il écrive, par exemple en calcul mental.
 
Mémoire Difficultés à mémoriser les tables de multiplication, la conjugaison des verbes... S’attarder sur la maîtrise de la technique opératoire et décharger l’élève en donnant les tables de multiplication ou une calculatrice.

Utiliser des moyens mnémotechniques visuels ou/et kinesthésiques.
Utilisation d’une table de multiplication évolutive mettant en évidence les progrès de l’élève. L’intérêt étant de blanchir, au correcteur, les cases des produits connus afin qu’il puisse visualiser ses progrès.
Utiliser des supports de calculs : le dessin, le matériel Brissiaud, une file numérique avec curseur
Difficultés à restituer une leçon. Donner des indices aidant à la récupération des informations en acceptant qu’il récite une poésie, une leçon avec un support aide-mémoire (dessins, plan de la leçon…).

Développer pendant les cours des outils de mémorisation pour compléter le texte écrit de la leçon: image, schéma, dessin.
Utilisation de cartes heuristiques

Des exemples de pratique
Difficultés à restituer l’orthographe des mots à apprendre. Baliser la leçon : surligner, encadrer…

Fractionner les tâches à faire.

Rendre l’élève acteur en lui demandant quelle quantité de mots il peut retenir.

Construction d’images mentales

Difficultés à différencier des mots ou groupes de mots proches

(autant que/plus que, médiatrice/médiane)
Utiliser des moyens mnémotechniques. Construction d’images mentales.

Utiliser un lexique imagé, pictogrammes.
Attention/ Concentration Difficultés à rester attentif sur une tâche. Alterner régulièrement entre des phases de repos et de travail.

Donner des repères temporels en s’exprimant en « quantité d’exercice ».

Proposer des supports clairs et une police adaptée.

Capter le regard de l’enfant.

Nommer l’élève.
Utiliser une frise du temps, à l’aide de pictogrammes, afin qu’il puisse visualiser les différents temps de la journée.

Utiliser un timer.
Dimension psychoaffective Élève anxieux avec une faible estime de soi qui peut réagir de manières diverses : repli sur soi, agressivité… Être patient face à sa lenteur.

Lui faire découvrir et valoriser ses domaines de compétences.

Éviter les situations dévalorisantes (lire à voix haute…).

Faire preuve de compréhension.