Onco-hématologie : les CAR-T cells font leur révolution

Publié le 11 septembre 2023 Mis à jour le 12 septembre 2023

Précurseur, le CHU de Nantes est l’un des premiers centres en France à avoir participé aux essais cliniques des traitements par CAR-T cells dans le myélome multiple et à les administrer de façon courante depuis 2018.

Zoom, en mots-clés, sur une innovation thérapeutique sans précédent.

Système immunitaire
Le traitement par CAR-T cells consiste à combattre les cancers, notament du sang2, en rechute ou réfractaires à tout autre traitement en s’appuyant sur le système immunitaire du patient : « Nous lui prélevons des lymphocytes T qui sont transformés génétiquement en CAR-T cells par des laboratoires, que nous réinjectons ensuite au patient pour qu’elles reconnaissent et éliminent les cellules cancéreuses », explique le Dr Thomas Gastinne, hématologue. Au total, 120 patients adultes ont déjà reçu ce traitement au CHU, toutes pathologies confondues.

Réanimation
« Quand on a commencé, c’était tout nouveau, on avait un peu peur des effets secondaires. Nous avons dès le départ travaillé en partenariat étroit avec le service de réanimation », précise le Dr Gastinne. Car, au-delà de son coût onéreux (environ 350 000 € l’injection), l’autre inconvénient de ce traitement, ce sont les complications possibles. « Syndrome de relargage des cytokines (CRS), toxicité neurologique ou risque d’infection sévère : environ 30 % des patients traités par CAR-T cells sont venus en réanimation », précise le Dr Amélie Seguin, médecin réanimatrice.

Coopération
« Nous travaillons, en interne, avec la pharmacie et l’unité de thérapie cellulaire et génique qui réceptionne, conserve et délivre les traitements, et, à l’externe, avec les différents laboratoires. Sans compter l’EFS3 qui s’occupe du prélèvement des lymphocytes et de leur conditionnement : c’est un travail d’équipe ! », résume Ghislaine François, infirmière coordinatrice.

Unité spéciale
Le 3 avril dernier, une unité spéciale d’immunothérapie a ouvert ses portes au CHU. De quoi mieux accueillir et accompagner ces patients « qui ont besoin d’une surveillance très rapprochée, notamment pendant les 48 heures qui suivent l’injection », selon Mickaël Briand, infirmier. Au programme : scope, prises de sang quotidiennes et surveillance neurologique accrue.

Oncopédiatrie
Le CHU de Nantes a aussi été le 1er établissement du Grand Ouest à recevoir, en 2019, l’autorisation d’administrer ce traitement à des enfants. « Depuis, 9 enfants et 2 jeunes adultes de plus de 20 ans l’ont reçu. L’utilisation des CAR-T cells permet d’obtenir une rémission dans 90 % des cas et une guérison dans 50 % des cas, en raison de rechute après perte des CAR ou échappement de la maladie4 », précise le Dr Caroline Thomas, cheffe du service d’oncopédiatrie.

Progrès
Le traitement par CAR-T cells représente, en effet, une réelle avancée scientifique et médicale dans la mesure où il met en rémission des patients qui ont déjà reçu de nombreux traitements et leur offre une meilleure qualité de vie. « Et ce n’est pas fini ! Cela va encore évoluer. Par exemple, demain, les CAR-T cells pourront peut-être être obtenues via des donneurs compatibles, c’est à l’étude… », conclut le Dr Gastinne.