Isabelle, Aide-soignante au Centre de traitement des endoscopes souples

Isabelle soigne... les endoscopes

Aide-soignante, Isabelle Da Silva Pereira veille, avec ses collègues, au traitement des appareils dans le centre de traitement des endoscopes.

« Ça peut sembler rébarbatif mais quand on s’y intéresse, c’est passionnant, affirme Isabelle Da Silva Pereira à propos de son métier. Traiter les endoscopes, ce n’est pas, comme on pourrait le croire, une simple affaire de « nettoyage à l’écouvillon». Ces appareils thermosensibles, impossibles à stériliser en autoclaves, nécessitent des soins particuliers et un suivi méticuleux. »

La salle du centre de traitement des endoscopes souples (CeTrES) comporte deux zones : endoscopes digestifs et bronchiques d’un côté, dispositifs d’urologie de l’autre. Ces derniers sont traités sur une paillasse informatisée suivant un processus précis : deux lavages, deux rinçages, une désinfection et un rinçage terminal effectués dans des conditions stériles et selon un minutage déterminé. Côté endoscopes digestifs et bronchiques, le travail de désinfection après lavage a lieu dans huit laveurs désinfecteurs (LDE).
 
« Auparavant, chaque secteur traitait son propre matériel et le stockait localement, ce qui représentait une contrainte supplémentaire. Personne n’était spécifiquement chargé de leur maintenance. Maintenant, tout est centralisé et nous ne faisons que cela : veiller à ce que tous les matériels soient prêts et les secteurs bien approvisionnés au fil de leurs besoins. Depuis sa création en mars 2013, le centre a fait la preuve de sa raison d’être. »

Les endoscopes prêts à l’emploi ont une durée maximale d’utilisation, au-delà de laquelle ils doivent être redésinfectés. Pour assurer ce suivi, les dispositifs sont stockés dans des enceintes spécifiques (Eset) ou dans des barquettes scellées par un film de couleur différente selon leur état : vert lorsque l’endoscope est propre ; rouge lorsqu’il a été utilisé. En ce dernier cas, des étiquettes identifiant le patient sont apposées dessus car la traçabilité est indispensable tout au long de la prise en charge de l’endoscope.
L’équipe de six personnes travaille de 7 h à 20 h en se relayant avec des chevauchements permettant les transmissions. L’une d’elles est d’astreinte le week-end pour assurer les urgences et garantir la fluidité du stock. « Nous avons pris le temps au départ de déterminer les besoins et établir le roulement. Nous avons reçu beaucoup de formations et d’explications sur le but de notre travail. C’est fascinant de voir un fibroscope démonté ! Cette connaissance du matériel nous aide à identifier les défaillances et les relayer auprès du personnel biomédical. Une salle est prévue pour séquestrer le matériel non conforme après un prélèvement bactériologique. Nous n’oublions jamais qu’il y a un patient au bout. On est un maillon de la chaîne des soins. Le lien que nous entretenons avec les équipes soignantes est très important. »

Précédemment aide-soignante au bloc opératoire, Isabelle aimait son travail mais craignait de tomber dans la routine : « Quand on occupe un poste depuis longtemps, on risque de banaliser. J’ai préféré changer avant. Je suis très contente d’être ici. Et je n’exclus pas de retourner un jour auprès des patients. »