histoire des établissement - hôpital des orphelins


Guillaume GrouQuelque vingt ans avant la Révolution, un administrateur des hôpitaux, Guillaume Grou, par ailleurs immensément enrichi dans les affaires -y compris la traite des noirs- frappé par l'effroyable mortalité qui sévit parmi les enfants confiés à l'hôtel-Dieu, se convainct que cet état de chose serait "conjuré le jour où on éloignerait ces êtres chétifs de l'atmosphère corrompue de l'hôtel-Dieu pour les élevés dans un asile spécialement approprié pour eux."  Il lègue 200.000 livres "pour être employées à acheter et établir une maison d'orphelins et de bâtards dits enfant de police pour y être élevés et nourris jusqu'à l'âge de 10 ans" (au delà de cet âge les enfants étaient confiés au Sanitat).

Bien que décidé dès 1776, c'est seulement en 1783 que le nouvel établissement peut accueillir les enfants transférés de l'hôtel-Dieu. Certes moins vaste que ne l'avait prévu G. Grou, décédé entre temps, il pouvait  néanmoins en recevoir 145. Après une période prospère marquée par des événements variés - c'est de sa cour que s'envolent le 14 juin 1784 les deux premiers aéronautes nantais dans un ballon gonflé à l'hydrogène - il connaît sous la révolution un extrême dénuement entraînant à nouveau une forte mortalité infantile. Le calme revenu, l'hôpital des orphelins ferma définitivement ses portes en 1815 lorsque fut décidé pour diverses raisons - dont certaines ont de quoi étonner - le rapatriement des enfants à l'hôtel-Dieu. Sorti du patrimoine hospitalier depuis un siècle et demi, agrandi et presque méconnaissable, il abrite aujourd'hui une maison de retraite.

Voir aussi
L'article de Maurice Savariau, L'Hôpital des orphelins à Nantes (1783-1815), in L'Hospitalier, N°26, 1991, p.23-25.

Les débuts de l'aérostat à Nantes: un décollage de la cour de l'hôpital des orphelins