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Étude COVIDORA une évaluation à l’échelle nationale de la perte du goût et de l’odorat au cours de l’infection par Covid-19

Publié le 27 avril 2020 Mis à jour le 27 avril 2020
Date(s)

du 27 avril 2020 au 20 juillet 2020

Le Covid-19 est un virus appartenant à la grande famille des coronavirus pouvant être à l’origine de maladies très diverses chez l’homme : les affections peuvent aller d’un simple rhume à peine perceptible au syndrome de détresse respiratoire aigu dont l’évolution peut être gravissime.

Ce virus peut atteindre les structures nerveuses du bulbe olfactif et altérer la capacité des sujets atteints à sentir les odeurs et à percevoir le goût des aliments. Dans le cadre de l’épidémie il a été décrit que ces troubles de l’odorat et du goût peuvent être des signes très précoces et même isolés de l’atteinte par le COVID-19, sans même une obstruction nasale associée. Des troubles de l’odorat très similaires sont déjà connus sous le terme « d’anosmie post virale » dans de nombreuses infections virales en dehors de l’infection par le COVID-19, leur évolution est connue pour être parfois source de perte définitive de l’odorat. Mais dans le cas du coronavirus, la récupération et la corrélation avec la gravité de la maladie et des atteintes pulmonaires potentiellement graves restent en grande partie méconnues. Dans tous les cas la perte définitive de l’odorat et du gout constitue en elle-même un handicap important, parfois source mal-être, pouvant aller jusqu’à des états dépressifs.

Les troubles de l’olfaction et du gout fréquents au cours de la pandémie actuelle ont été identifiés précocement par la Société Française d’ORL et de chirurgie cervico-faciale ; ils pourraient être associés à des formes moins graves de la maladie, de meilleur pronostic en cas d’infection par le COVID-19. Dans ce contexte, l’étude nationale COVIDORA à laquelle participe l’équipe d’ORL du CHU de Nantes a pour but d’établir la fréquence des troubles de l’odorat, leur évolution, la détermination de la corrélation existante entre la dysfonction olfactive à la sévérité de la maladie respiratoire dans une population de patients dépistés positifs pour le COVID19.

L’étude a commencé il y a une dizaine de jours et permettra de répondre à des questions essentielles encore sans réponse sur la récupération des troubles de l’odorat à distance des premiers signes de l’infection, de comparer les effets obtenus avec la rééducation olfactive ou un traitement antiviral par exemple. Par ailleurs, l’étude permettra de mieux évaluer le rôle des facteurs associés à la récupération olfactive (sévérité de la symptomatologie, charge virale initiale, prise en charge et rééducation précoce…).

Au cours de la réalisation de cette étude les praticiens sont mobilisés pour suivre les patients qui ont accepté de participer à l’étude. Les sujets infectés sont d’abord interrogés dès l’annonce du diagnostic, puis sont régulièrement suivis au cours de l’évolution de la maladie et enfin à plus long terme. Les premiers résultats devront permettre de mieux comprendre cette spécificité de l’infection dès les semaines à venir.