Découverte du gène LSS, responsable d'un syndrome associant déficience intellectuelle et alopécie

Publié le 6 mai 2019 Mis à jour le 6 mai 2019
Date(s)

du 6 mai 2019 au 30 octobre 2019

Le syndrome d'alopécie avec retard mental (APMR) est une pathologie génétique rare caractérisée par une hypotrichose (absence de poils et de cheveux) et une déficience intellectuelle ou un retard de développement psychomoteur, souvent associés à une épilepsie précoce.

En 2010 puis 2015, ce syndrome a été évoqué pour deux nouveau-nés d’une même famille suivis par le Dr Isidor au niveau du service de génétique médicale du CHU de Nantes dirigé par le Pr Bézieau. Dans un premier temps, un appel à collaboration nationale a alors été lancé afin d’identifier d’autres patients souffrant de ce syndrome, dans le but de mettre en évidence le gène responsable de cette pathologie très sévère.

Le séquençage haut-débit de l’ensemble des gènes du génome chez ces patients (Exome sequencing) a permis d’identifier des mutations dans un gène appelé LSS. Grâce à une étude collaborative internationale menée par le Dr Isidor et le Dr Besnard, nous avons identifié la responsabilité de mutations dans le gène LSS pour 8 autres patients atteints par ce syndrome appartenant à 5 familles différentes. LSS code pour une enzyme, la lanostérol synthase impliquée dans la biosynthèse du cholestérol. Nos données suggèrent que LSS est le gène majoritairement responsable de cette maladie rare.
Une publication scientifique détaillant l’ensemble de ces travaux paraitra très prochainement dans la revue médicale Genetics in Medicine (Nature Publishing Group).

De plus, nous savons qu’il existe d’autres patients ayants les mêmes symptômes, décrits dans de précédentes publications scientifiques sans cause génétique identifiée. Nous allons poursuivre nos recherches en proposant l’analyse de ce gène à ces familles sans diagnostic moléculaire à ce jour. Nous pourrons alors estimer d’une manière plus précise la fréquence de l’implication du gène LSS chez les patients atteints du syndrome APMR et donner un conseil génétique fiable à ces familles.

Cette découverte importante sera poursuivie par d’autres travaux, visant à comprendre le rôle de cette enzyme dans le développement cérébral, afin d’identifier de potentielles approches thérapeutiques.