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Danièle, technicien d’information médicale

"Un métier en pleine évolution"

Publié le 28 octobre 2009 Mis à jour le 9 septembre 2010

Depuis la mise en place de la tarification à l'activité (T2A*) en médecine-chirurgie-obstétrique, le métier de technicien de l'information médicale a pris une nouvelle dimension. Son travail conditionne en effet une partie des rentrées financières de l'hôpital. Danièle Brault-Hillereau, secrétaire médicale, puis coordinatrice des secrétariats médicaux, assure depuis un an, comme ses six collègues, les diverses tâches de sa nouvelle fonction.

Pour Danièle Brault-Hillereau, "Le suivi et la correction des erreurs de codage constituent la plus grosse part de notre travail. Nous l'assurons en binôme sur plusieurs secteurs. En ce qui me concerne, je traite avec une collègue les dossiers émanant des pôles urgence, institut uro-néphrologie, institut du thorax, institut des maladies de l'appareil digestif. Chaque semaine, pour l'ensemble des services,  environ 1.000 dossiers apparaissent en erreur. Les erreurs les plus problématiques sont dites "bloquantes", c'est-à-dire qu'elles empêchent l'envoi du dossier à la tutelle, et donc le versement des fonds afférents. Il  nous faut alors consulter le dossier informatique, lire les comptes-rendus et courriers pour déterminer la nature de l'erreur et la corriger."

Beaucoup d'erreurs sont liées aux modifications itératives des règles de codage imposées par l'agence technique de l'information hospitalière (Atih), en particulier la définition du diagnostic principal, des diagnostics associés significatifs...
 
Par ailleurs, les techniciens d'information médicale contrôlent quotidiennement l'exhaustivité et la  cohérence entre toutes les informations issues du programme de médicalisation des systèmes d'information (PMSI*) et d'autres informations nécessaires à  la facturation. Chaque jour, une requête spécifique fait apparaître les dossiers médicaux incomplets. Deux à trois fois par mois, les Tim envoient aux médecins la liste des dossiers les concernant et corrigent le tir en fonction des retours obtenus par mail ou par téléphone. Les Tim jouent aussi un rôle de contrôle qualité en vérifiant la cohérence entre codage des actes et  des diagnostics. Ils participent activement au contrôle annuel des médecins inspecteurs de la caisse d'assurance maladie, en lien avec le service des archives.

Ce travail de correction et de mise en cohérence demande beaucoup de concentration. Aussi, les Tim se sont organisés pour assurer à tour de rôle la gestion de la boîte aux lettres électronique et répondre aux appels téléphoniques. Elles sont à la disposition des équipes pour répondre en direct à une question de codage ou de saisie des données du PMSI*.

Au-delà de leurs fonctions "hot-line", les Tim assurent un appui technique auprès des médecins, soignants et secrétaires médicales, à travers la création d'outils d'aide au codage et de référentiels en lien avec les médecins du service de l'information médicale, et de conseils sur le codage et l'organisation à la demande des services.

Depuis son arrivée, Danièle apprécie la découverte d'un nouveau métier, le travail en équipe et les contacts qu'impliquent ses tâches avec des personnes de différents secteurs d'activité : "Nous commençons à aller sur le terrain, j'espère que cet aspect se développera. S'il est important de corriger les erreurs, il est encore mieux de les prévenir, ce que nous pourrions faire davantage en allant à la rencontre des équipes pour les aider à se former et s'organiser".

La fonction nécessite donc une connaissance approfondie du fonctionnement d'un établissement , de l'organisation du système de santé, du vocabulaire médical... Polyvalents, les Tim utilisent les nouvelles technologies de l'information et de la communication, identifient et accompagnent leurs évolutions ; elles doivent organiser et planifier leur travail, savoir présenter et synthétiser des documents, utiliser les ouvrages de codage des diagnostics et actes médicaux... Toutes ces tâches requièrent de la rigueur, le sens des responsabilités et la capacité à travailler en  équipe ; les Tim doivent allier esprit d'initiative, autonomie, disponibilité. Une partie de l'équipe est  actuellement en formation au centre national des arts et métiers (CNAM), à raison de trois jours par mois, dont une semaine en stage dans un établissement extérieur. Une formation nouvelle à Nantes, pour le moment non-diplômante, mais qui pourrait à terme déboucher sur la reconnaissance d'un niveau licence: "Ce métier en pleine valorisation est appelé à évoluer encore..."

*programme médicalisé des systèmes d'information (PMSI): un certain nombre d'informations socio-économiques, diagnostiques, thérapeutiques et d'actes complémentaires sont recueillies pour chaque séjour. Ces informations font l'objet d'un traitement automatisé aboutissant au classement du séjour dans un groupe homogène de malades(GHM) et ainsi dans un groupe homogène de séjour (GHS) qui est valorisé en euros.
L'ensemble de ces GHS constitue les recettes de l'établissement concernant les soins. C'est ce qu'on appelle la T2A (tarification à l'activité).