CP - COVID-19 et diabète : les diabétologues français publient la 1ère étude mondiale sur le profil des diabétiques hospitalisés afin d’améliorer leur prise en charge

Publié le 12 mai 2020 Mis à jour le 12 mai 2020
Date(s)

le 12 mai 2020

Les diabétologues français ont initié en un temps record un réseau de 68 centres dans le cadre de l’étude CORONADO.

Objectif : décrire les caractéristiques des patients diabétiques hospitalisés pour COVID-19 afin d’améliorer leur prise en charge. Cette étude, dont les premiers résultats sont publiés aujourd’hui dans la revue scientifique Diabetologia, est promue par le CHU de Nantes et coordonnée par le Pr Bertrand CARIOU, diabétologue au sein du service Endocrinologie, Diabétologie, Nutrition de l’institut du thorax.

Pourquoi CORONADO ?
Depuis le début de la pandémie de COVID-19, plus de 4 millions de personnes diabétiques en France partagent leurs inquiétudes avec leurs médecins : « Suis-je plus à risque avec un diabète de type 1¹ ? Quelles sont les complications que je risque d’avoir en tant que diabétique de type 2² ? Dois-je bien continuer mon traitement ? Puis-je continuer à travailler ? ». Pour répondre à ces interrogations légitimes et préciser les données spécifiques à la maladie diabétique, tous les acteurs de la diabétologie française – patients, professionnels de santé, attachés de recherche clinique et chercheurs – ont uni leurs forces et initié l’étude CORONADO (CORONAvirus SARS-Cov2 & Diabetes Outcomes), première étude mondiale s’intéressant aux caractéristiques des diabétiques hospitalisés pour COVID-19.
Cette étude observationnelle, essentiellement rétrospective, a analysé les données collectées à partir des dossiers médicaux des patients. Elle est promue par le CHU de Nantes et coordonnée par un Conseil Scientifique national, dirigé par les Pr Bertrand CARIOU et Samy HADJADJ, diabétologues au sein du service Endocrinologie, Diabétologie, Nutrition de l’institut du thorax. CORONADO est une initiative soutenue par la Société Francophone du Diabète (SFD), la Fédération Française des Diabétiques (FFD), association de patients, et la Fondation Francophone pour la Recherche sur le Diabète (FFRD).

Premiers résultats
L’une des premières réussites de cette étude est la mise en place en seulement 2 semaines d’un formidable réseau rassemblant 68 centres de diabétologie³, publics et privés, en métropole et en outre-mer, grâce au relais des sociétés savantes et des associations de patients. Grâce à la participation bénévole de tous les centres et à la mobilisation exemplaire des agents de la recherche clinique hospitalière, près de 3000 patients diabétiques ont été inclus au final en seulement 20 jours alors que l’objectif initial était de 300 patients.
L’étude CORONADO a analysé les dossiers médicaux des sujets diabétiques admis en hospitalisation pour COVID-19 entre le 10 mars et le 10 avril 2020. Les premiers résultats, publiés aujourd’hui dans la revue européenne Diabetologia, portent sur les sujets pris en charge entre le 10 et le 31 mars, soit 1317 sujets analysables. Ils décrivent :
  • le profil-type des patients : L’âge moyen des diabétiques hospitalisés est de 70 ans. 35% sont des femmes et 65% des hommes. La majorité des sujets hospitalisés présentent un diabète de type 2 (89%) et une minorité un diabète de type 1 (3%). Dans certains cas, le diabète a été découvert au moment de l’hospitalisation (3%).
  • leurs complications et risques à court terme : les complications microvasculaires (œil, rein et nerfs) sont présentes chez 47% des sujets de l’étude. On retrouve des complications macrovasculaires (artères du cœur, du cerveau, des jambes) chez 41% des patients analysés. Dans les 7 jours suivant l’admission à l’hôpital, le risque pour un patient diabétique d’être intubé (pour être ventilé artificiellement en réanimation) est de 20,3%, et celui de mourir est de 10,6%, alors que 18% d’entre eux regagnent leur domicile.

Recommandations médicales
Les données étant recueillies sur un grand nombre de patients, elles permettent d’établir les constats et recommandations suivantes :
  • Les facteurs de risque de forme sévère du COVID-19 sont identiques à ceux que l’on retrouve en population générale : âge et corpulence (l’excès de poids est un facteur de risque de forme sévère de COVID-19).
  • Les sujets avec des complications du diabète sont à plus fort risque de décès en cas de COVID-19.
  • L’insuline, comme les autres traitements du diabète, n’est pas un facteur de risque de forme sévère de COVID-19. Les traitements doivent être poursuivis.

CORONADO va plus loin
Cette publication scientifique dans une revue de référence signe la première étape d’un travail plus vaste de recueil et d’analyse de données sur près de 3000 patients participant à l’étude, pour un suivi prévu jusqu’au 28ème jour suivant leur admission à l’hôpital avec de prochaines analyses attendues début juin.
Parallèlement, cette étude pourrait s’étendre à l’analyse d’autres questions importantes telles que l’impact du COVID-19 sur la consommation de soins et les complications du diabète à distance de l’hospitalisation, ainsi qu’à une comparaison des données chez les personnes diabétiques avec celles des patients non-diabétiques. Enfin, le réseau CORONADO français pourrait s’ouvrir vers plusieurs pays de la francophonie. ¹Diabète de type 1 : Maladie auto-immune survenant chez le sujet jeune et nécessitant l’administration à vie d’insuline. Il constitue 10% des cas de diabète soit 400 000 patients en France.
²Diabète de type 2 : Ce diabète augmente avec l’âge, le surpoids, l’obésité, la sédentarité. Il est traité par des mesures hygiéno-diététiques, des médicaments et fréquemment de l’insuline. Il représente 85% des cas de diabète.
³Les 68 centres CORONADO
  • CHU de Nantes – Hôpital Nord-Laennec
  • CHU de Toulouse – Rangueil
  • APHP – Lariboisière
  • APHP – Bichat
  • Hospices Civils de Lyon – Lyon Sud
  • Hôpitaux Universitaires de Strasbourg – Hôpital Civil
  • CHU de Nancy - Brabois,
  • CHRU de Lille,
  • CHU de Bordeaux,
  • CHU de Poitiers,
  • CHU de Montpellier - Lapeyronie,
  • CHU de Brest,
  • CHU de Rennes - Pontchaillou,
  • CHU de Grenoble,
  • APHP - Avicenne Bondy,
  • CHU de Caen,
  • CHU de Rouen,
  • CHU de Marseille,
  • CHU de Dijon,
  • CHU de Angers,
  • CHU de Nice,
  • CHU de Reims - Debré,
  • CH Sud Francilien,
  • Hôpital d’Instruction des Armées Begin,
  • Groupe Hospitalier Paris St-Joseph
  • CH de Cahors,
  • CH de Cayenne,
  • Clinique Ambroise Paré,
  • CH de Cholet,
  • CHU d’Amiens - Picardie,
  • CHU de Saint -Etienne,
  • Hôpital Nord Franche Comté,
  • CH d’Alès - Cevennes,
  • CH de Pontoise – René Dubois,
  • CHU La Réunion – Felix Guyon,
  • CH de Libourne,
  • CH Albi,
  • CH de Chartres,
  • CH d’Auch,
  • APHP - Cochin,
  • Hôpital franco-britannique Levallois-Perret,
  • CH de Forez,
  • CHU de Besançon,
  • APHP- Clamart Le Kremlin Bicêtre,
  • CH Bretagne Atlantique,
  • CH de la Rochelle – St Louis,
  • CH Saint Joseph – Saint Luc,
  • CH de Vendée,
  • APHP – La Pitié Salpêtrière,
  • Hospices Civils de Lyon – Lyon Sud-Nutrition,
  • Hospices Civils de Lyon – Bron Louis Pradel,
  • APHP – Saint Antoine,
  • CH Côte Basque,
  • CH Avignon,
  • CHU de Fort de France,
  • CH Aix en Provence,
  • CHU du Havre,
  • CH Agen,
  • CHU du Mans,
  • CH Gonesse,
  • CHU de Nimes,
  • CHU de Guadeloupe,
  • Hôpital St Vincent de Paul - Lille,
  • CH Périgueux,
  • CH Bastia,
  • GHM Les Portes du Sud,
  • Médipôle Villeurbanne,
  • CH Ajaccio.
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Contact presse :
Vimla MAYOURA, Responsable Communication, l’institut du thorax
06 88 79 67 89 - vimla.mayoura@univ-nantes.fr