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gynécologie-obstétrique - stérilisation féminine tubaire par système Essure


prise en charge patients - soins

La stérilisation tubaire, pratiquée depuis 2002 au CHU de Nantes, est une solution de contraception définitive pratiquée en ambulatoire, sans anesthésie.

Rédigé par le Pr Patrice Lopes, gynécologie-obstétrique, CHU de Nantes

La stérilisation tubaire par placement des dispositifs intra-tubaire Essure a été effectuée la première fois en France au CHU de Nantes le 13 février 2002.

Une procédure méconnue
Depuis cette date, plus de 500 poses ont été pratiquées et nous restons étonnés que beaucoup de femmes qui pourraient en bénéficier ne connaissent pas cette procédure. De plus, beaucoup de médecins ne proposent pas à leur patiente cette technique de contraception définitive.
Ils nous paraît donc important de faire le point à partir de notre expérience sur cette méthode qui constitue à nos yeux un progrès considérable dans la planification familiale.

Des micro-implants placés sans anesthésie
La stérilisation ou contraception définitive par système Essure correspond à la mise en place dans la partie proximale des trompes de micro-implants faits de titane, d'acier et de nickel. Cette intervention se pratique par hystéroscopie et sans anesthésie en utilisant un système de largage jetable et un introducteur. La facilité de cette technique de stérilisation refait poser la question du choix entre contraception et stérilisation chez les femmes ne souhaitant plus d'enfant.

Pourquoi les femmes demandent une stérilisation
Les motifs du choix de la contraception définitive chez les femmes au CHU de Nantes:

  • pour 45% des femmes suivies au CHU de Nantes, ce sont les effets secondaires de leurs précédentes méthodes contraceptives qui ont motivé leur choix de stérilisation. Les effets indésirables décrits par les patientes sont dominés par l'oubli des pilules oestro-progestatives, la mauvaise observance et la prise de poids sous progestatifs, les saignements liés au stérilet et à l'implant progestatif et la contrainte liée à l'usage des préservatif;
     
  • dans 12% des cas, c'est une contre-indication à une méthode contraceptive qui a motivé le choix (antécédent d'accident vasculaire cérébral, hypertension artérielle, tabagisme actif, grossesse extra-utérine ou salpingite secondaire à un dispositif intra-utérin);
     
  • dans près de 2% des cas c'est une contre-indication à une grossesse comme un purpura thrombopénique ou un antécédent de chirurgie cardiaque (valve ou greffe cardiaque);
     
  • dans près de 10% des cas c'est un échec de contraception avec grossesse et souvent interruption volontaire de grossesse;
     
  • dans 8% des cas, c'est le simple désir d'une contraception définitive sans argumentation;
     
  • enfin 22% des femmes ont exprimé un effet "ras-le-bol" des méthodes contraceptives.

47% employaient une méthode eostro-progestative, 38% une méthode de contraception locale et 15% un dispositif intra-utérin.

En fait, la loi du 4 juillet 2001 autorise la stérilisation humaine pour toute personne majeure, consentante après signature d'une demande écrite et respect d'un délai de réflexion de quatre mois. Dans certains cas, le médecin peut s'aider d'un score (voir le score-tableau 1 [PDF - 4 Ko]) et faire intervenir la clause de conscience.

L'intervention au CHU de Nantes
La technique est expliquée lors de la consultation médicale.
Les contre-indications doivent être respectées (cf. tableau 2 [PDF - 4 Ko])
Il s'agit d'une intervention rapide, réalisée sans anesthésie, qui dure en moyenne huit minutes [2-36], et tout à fait tolérable pour les patientes. La douleur maximale moyenne ressentie par les patientes est de 4,9 sur une échelle EVA (échelle visuelle analogique) [0-9], et la douleur moyenne en fin d'intervention de 1,9 [0-8,5].

Une méthode très efficace
La méthode est très efficace: moins de 3 échecs pour mille.
Des échecs de pose peuvent être observés dans 4% à 5 % des cas.
Ils sont dus soit à une non visibilité d'un ou des deux ostiums, soit à une impossibilité de faire pénétrer le cathéter dans la trompe.

Des patientes satisfaites
Dans l'ensemble, les patientes sont satisfaites de la méthode et le conseilleraient à leurs amies. Elles décrivent une sexualité nettement améliorée sans crainte d'une grossesse. Aucune d'entre elles n'a exprimé de regret quant à l'intervention et à son absence de réversibilité.

Conclusion
La facilité de la stérilisation par la méthode des micro-implants tubaires fait poser la question de la continuation des méthodes contraceptives chez la femme ne désirant plus d'enfants.

Bien sûr, il faut tenir compte de l'âge de la femme, du nombre d'enfants, de la tolérance de la contraception. Elle doit faire l'objet d'une information chez les femmes de plus de 40 ans car les risques liés aux méthodes contraceptives habituelles chez ces femmes augmentent significativement à partir de 40 ans.

Référence bibliographique du service du CHU de Nantes
Lopes P., Gibon E., Linet T., Philippe HJ. Hysteroscopic tubal sterilization with Essure intratubal devices: A case-control prospective with insert local anesthesia or without local anesthesia. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol. 2008 Jun;138(2):199-203.Epub 2007 Sep 6

publié le 3 septembre 2015

par le Pr Norbert Winer, chef du service de gynécologie-obstétrique


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gynécologie-obstétrique / maternité
hôpital mère-enfant
maternité
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