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cancer

Les cancers digestifs, gastriques et hépatiques désignent l’ensemble des tumeurs malignes qui se développent avec comme point de départ le tube digestif – l’œsophage, l’estomac, l’intestin grêle, le côlon, le rectum et jusqu’à l’anus – ou les glandes qui lui sont annexées – le foie ou le pancréas.

Pour la majorité d’entre elles, ces tumeurs sont des adénocarcinomes, c'est-à-dire qu’elles ont pour origine les muqueuses qui tapissent les parois du tube digestif ou des canaux excrétoires des glandes. Le nombre de nouveaux cas identifiés chaque année est en augmentation.

Les cancers digestifs les plus fréquents sont le cancer du côlon et du rectum ainsi que celui du pancréas.

Cancer colorectal
Avec environ 40.000 nouveaux cas par an en France, le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquent, après le cancer de la prostate et celui du sein; il est aussi la 2e cause de mortalité par cancer après celui du poumon.

La majorité des nouveaux cas de cancer colorectal sont diagnostiqués chez des personnes de plus de 50 ans, et le plus souvent à un stade avancé. L’existence de cancers colorectaux dans la famille, l’obésité et l’inactivité physique augmentent le risque de cancer colorectal. On estime que 60% à 80% de ces cancers se développent à partir d’une lésion bénigne (le polype adénomateux), qui peut être retiré au cours d’une coloscopie. Cela permet de prévenir le risque de transformation du polype en cancer.
Un test de dépistage généralisé est disponible : il s’agit de rechercher la présence de sang dans les selles au moyen d’un test à faire à domicile (test Hémoccult 2® - dit aussi « test au gaïac » et bientôt test immunologique), suivi d’une coloscopie si le test s’avère positif.

Toute personne, homme ou femme, âgée de 50 à 74 ans, sans symptômes ni facteur de risque doit faire le test de dépistage, qui est proposé par le médecin traitant. Ce test de dépistage est à répéter tous les deux ans s’il est normal. L’objectif est d’identifier les personnes atteintes de polypes ou d’un cancer colorectal à un stade de développement qui permet une guérison.

En revanche, chez les individus qui présentent des signes d’alerte ou à risque élevé ou très élevé (histoire personnelle ou familiale d’adénome ou de cancer colorectal, maladie de l’intestin, cancer d’origine génétique), la probabilité de trouver une lésion est plus importante et l’examen à réaliser est d’emblée la coloscopie.

Cancer du pancréas
Le cancer du pancréas occupe le 2e rang des cancers digestifs, avec environ 12.000 nouveaux cas diagnostiqués par an. Il apparaît le plus souvent entre 70 et 80 ans. Plusieurs facteurs de risques intriqués semblent en favoriser le développement : le tabagisme, l’obésité, le diabète, certains facteurs héréditaires de prédisposition ou encore certaines situations d’inflammation chronique (pancréatites chroniques).

Cancer de l'estomac
L’incidence du cancer de l’estomac a en revanche été divisée par deux en trente ans. Des progrès importants ont en effet été réalisés dans l’hygiène alimentaire, ainsi que dans la prise en charge diagnostique et thérapeutique.

Les facteurs de risque bien identifiés sont principalement l’infection par la bactérie Helicobacter pylori, la consommation d’alcool ou de tabac, certains facteurs héréditaires de prédisposition, ainsi que certains antécédents de chirurgie de l’estomac (cas de la gastrectomie partielle) ancienne (c'est-à-dire plus de dix ans). Il est recommandé de faire la recherche de l'infection à Helicobacter pylori et de la traiter si nécessaire chez les enfants, frères et sœurs de personnes ayant eu un cancer de l'estomac.

Cancer du foie
Il faut différencier les métastases hépatiques touchant le foie des cancers dit primitifs du foie. Les métastases hépatiques sont l’évolution d’un cancer ayant un autre point de départ comme le cancer du colon ou du rectum, le plus souvent.

Les tumeurs primitives du foie peuvent prendre plusieurs formes :

  • le carcinome hépatocellulaire, qui se développe le plus souvent au cours de l’évolution d’une maladie chronique du foie (comme la cirrhose par exemple), qui elle-même peut être causée par l’alcool, une infection par le virus de l’hépatite B ou celui de l’hépatite C, ou encore d’autres causes plus rares;
     
  • le cholangiocarcinome qui est une tumeur plus rare des voies biliaires.

Cancer de l'œsophage
Dans trois cas sur quatre, le cancer de l’œsophage survient des hommes, le plus souvent âgés de plus de 50 ans. Il en existe deux type ; l’un est associé à la consommation chronique de tabac et d’alcool (cas du carcinome épidermoïde), l’autre est favorisé par l’obésité et la présence d’un reflux gastro-œsophagien (cas de l’adénocarcinome).

Cancer du canal anal
Le cancer du canal anal est provoqué dans 80% à 85%% des cas par le papillomavirus humain (HPV). Les deux-tiers des sujets atteints ont plus de 65 ans, avec une nette prédominance féminine. Ajoutons que le virus de l’immunodéficience humaine acquise (VIH) augmente le risque de cancer de l’anus, justifiant une surveillance particulière chez les patients séropositifs pour le VIH.

Comment savoir si j’ai un cancer digestif ?
La plupart des cancers digestifs évoluent dans un premier temps sans signe révélateur ; ils sont alors souvent diagnostiqués à un stade tardif. C’est là que réside tout l’intérêt des programmes de dépistage appliqués à des populations à risque, afin de diagnostiquer les lésions à un stade précancéreux ou de cancer localisé pouvant le plus souvent être guéri. L’intérêt du diagnostic précoce est bien établi, car il est démontré que le pronostic de ces tumeurs est lié à leur stade de développement au moment du diagnostic.

L'examen de dépistage précoce - explications du Pr Tamara Matysiak, témoignage d'une de ses patientes:



Les signes d’alerte à prendre en compt
e sont un amaigrissement involontaire, une fatigue inhabituelle, une modification de la consistance et/ou de la fréquence des selles (diarrhée ou constipation) d’apparition récente, la présence de sang dans les selles (coloration rouge ou noire, correspondant à la présence de sang frais ou digéré), des douleurs abdominales inhabituelles ou encore, un ictère (l’apparition d’une coloration jaune de la peau et des muqueuses, par exemple des yeux).

Lorsque l’un de ces signes est présent, il faut consulter son médecin traitant qui orientera vers des examens permettant le diagnostic : radiologie (scanner, IRM), endoscopie (par voie haute ou basse). Une biopsie (prélèvement lors de la fibroscopie) de la ou des lésion(s) suspecte(s) est indispensable pour affirmer le diagnostic.

Les traitements actuels des cancers digestifs
Les traitements des cancers digestifs dépendent de la localisation de la tumeur, de son extension locale et à distance (les métastases éventuelles) et du patient (son état général, la présence de maladies associées).

Les grands principes des stratégies thérapeutiques associés à la prise en charge chirurgicale mis en œuvre sont les suivants:

  • les lésions localisées sont enlevées sous endoscopie ou le plus souvent par un geste chirurgical;
     
  • les cancers qui touchent les organes de voisinage sont traités par chimiothérapie, éventuellement associée à de la radiothérapie;
     
  • les cancers étendus à d’autre organes (métastases) sont traitées par de la chimiothérapie;
     
  • la radiologie interventionnelle joue aussi un grand rôle dans le traitement de certaines lésions en particulier dans le foie.
La grande majorité des chimiothérapies des cancers digestifs sont réalisées en hôpital de jour dans des services spécialisés, ce qui permet aux patients de ne pas rester dormir à l’hôpital pendant leur traitement.

L’accompagnement
Les soins associés aux traitements du cancer, également appelés "soins de support", occupent une place très importante dans la prise en charge des cancers digestifs. Ils s’adressent au patient et à son entourage. Il s’agit de la prise en charge de la douleur, de l’anxiété, des addictions (alcool, tabac), de l’état nutritionnel (dénutrition et obésité), et de la promotion de la pratique d’activité physique.

De la même manière, l’Espace de rencontres et d’informations (ERI) du CHU de Nantes offre une aide à la prise en charge des patients.

publié le 1 décembre 2016

par le Dr Jérôme Gournay, chef du service d'hépato-gastro-entérologie et assistance nutritionnelle